JOAQUIM HERNANDEZ-DISPAUX, À LA "GALERIE GERY", À NAMUR, JUSQU'AU 26 JUIN

écrit par YvesCalbert
le 16/06/2021

En bord de Meuse, à proximité du "Vieux Pont de Jambes", à Namur, la "Gery Art Gallery" accueille, jusqu'au samedi 26 juin, un artiste, bien connu dans la capitale wallonne, Joaquim Hernandez-Dispaux, docteur en philosophie, une matière qu'il enseifne à l' "ITN" ("Institut Technique de Namur") et à l' "HELHa" ("Haute Ecole de Louvain en Hainaut").

Au sortir des humanités, il aurait souhaité s'inscrire à l' "ENSAV" ("École Nationale Supérieure des Arts Visuels") - La Cambre, mais son père l'en dissuada, ce qu'il ne regrette pas aujourd'hui, ayant étudié, durant cinq ans, la philosophie à l' "UCL" ("Université Catholique de Louvian-la-Neuve"), avant de réussir, en 2010, un master en théologie, ayant, aussi, séjourné cinq mois en Inde, une riche expérience pour qui s'intéresse à la philosophie et à la religion.

En 2016, nous le retrouvons à "La Sorbone", à Paris, pour une thèse en philosophie, alors qu'en 2017, il revient à Namur, pour suivre des cours de dessin et de peinture, à l' "Académie des Beaux-Arts", ayant, également, suivi des cours dans les "Académies des Beaux-Arts" de Tamines et de Wavre...

... Mais pas question pour lui de peindre sur toiles, vu son intérêt pour des matériaux plus pauvres, à la fois fragiles et résistants - dont la trame donne du relief et de la vie à son trait -, tel le carton, qu'il a choisi comme matériau pour sa présente exposition d'oeuvres de grands formats, exprimant toute la fragilité de la vie, toutes peintes au sol, durant le confinement.

"Avec ce travail, j'ai passé un cap", nous confie-t-il, ajoutant : "ce qui m'intéresse, c'est ce que je n'ai pas encore fait"...

... Et il en a fait des choses, non seulement au niveau de son art, mais aussi dans sa vie, au contact des autres.

Ainsi, nous l'avons vu coureur à pied, participant, notamment, au "Jogging de Namur" ; autrefois engagé en politique, ayant organisé, entre autres rencontres à succès, en février 2017, celle avec l'ancien Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, organisée dans la salle de prestige, du XIXè siècle, aux fresques allégoriques, de la "Brasserie François" ; lanceur de drapeaux, de 2015 à 2018, au sein du groupe folklorique des "Alfers namurois", évoluant alors dans un costume arborant la croix de Bourgogne, copié de ceux que portaient, au XVIIè siècle, nos soldats engagés au service de l'Espagne...

... Ah, cette Espagne de ses origines, qu'il ne renie pas, l'un de ses ancêtres espagnols ayant peint des fresques de l' Alhambra de Grenade, certaines des peintures de la présente exposition étant inspirées de peintures de maîtres espagnols, telles la célèbre "Guernica", de Pablo Picasso (1881-1973) ou encore d'oeuvres d'un peintre emblématique de Valence, Joaquín Sorolla y Bastida (1863-1923).

Sans doute fait-il siennes des citations du peintre expressionniste abstrait américano-néerlandais Willem de Kooning (1904-1997), dont il apprécie le travail : "Je dois changer pour rester le même ... Je n'ai jamais été intéressé par la manière de faire une bonne peinture ... mais par voir jusqu'où une seule peinture pourrait aller."

Ainsi, a-t-il un projet de taille, en clin d'oeil à ce dernier artiste, celui de réaliser une série de 24 grands tableaux, de 2m10 sur 1m50, représentant les 24 heures de la journée.

En octobre 2020, Joaquim Hernandez-Dispaux exposait à l' "Abbaye cistercienne Notre-Dame du Vivier", à Marche-les-Dames, un lieu qui aurait accueilli, dès 1103, une congrégation de veuves de nobles chevaliers, disparus lors de la 1ère Croisade (1096-1099), racheté, en 2018, par la famille Bouvier, propriétaires de l' "Espièglerie", un réputé hôtel-restaurant namurois.

C'est ainsi que, toujours à la recherche de talents, le galeriste Gery - autrefois installé à Gesves, puis à Namur, dans la rue des Brasseurs - fit la connaissance de notre artiste, entrevoyant la possibilté de l'accueillir dans sa Galerie, au N° 29 de l'Avenue Baron Louis Huart, chose faite désormais.

A noter que ce sympathique galeriste loue, à cette adresse, trois chambres d'hôtes, avec vue imprenable sur ce "Vieux Pont de Jambes", qui aurait connu une première construction à l'époque romaine, ayant servi, au XIIè siècle, de poste frontière entre le Comté de Namur et la Principauté de Liège, dont Jambes faisait partie.

Mais revenons en à notre peintre-philosophe, également auteur, ayant profité du confinement, non seulement pour peindre, mais aussi pour écrire, étant auteur, publié dans la collection "Empruntes philosophiques", des "Presses universitaires de Louvain"...

... Une occasion pour nous de rappeler un propos de Pablo Picasso : « Je peins comme d’autres écrivent leur autobiographie. Mes toiles sont les pages de mon journal. », l'artiste-philosophe-écrivain namurois, lui-même, nous confiant, nous montrant l'un de ses peintures« Ici, j’ai écrit sans faire une seule faute d’orthographe. »

Ainsi, l'écriture faisant partie - au même titre que la peinture ou le dessin - de la pratique artistique de Joaquim Hernandez-Dispaux , ce dernier écrivit sur Charles Baudelaire (1821-1867), dont Félicien Rops (1833-1898) illustra son ouvrage "Les Fleurs du Mal", édité en 1866, l'année même où ils se rendirent ensemble dans l'église baroque Saint-Loup, à Namur, Charles Baudelaire y perdant connaissance, victime de troubles cérébraux.

Un finissage étant prévu le samedi 26 juin, ce sera l'occasion de rencontrer cet artiste hors du commun, en respect, bien sûr des règles sanitaires, le port du masque bucal restant obligatoire.

Ouverture de l'expo : jusqu'au samedi 26 juin inclus, du mercredi au samedi, de 14h à 18h ou sur rendez-vous. Contacts : 0475/60.25.58.

Quant à la prochaine exposition de Joaquim Hernandez-Dispaux , elle sera collective, étant prévue durant deux week-ends, les 2, 3, 9 et 10 octobre 2021, au sein de l' "Espace D", au N° 87 de la rue des Atrébates, à Etterbeek, le currateur étant le galeriste namurois Gery Pirlot de Corbion.

Yves Calbert.

 

 

 

 

 

 

 

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