« Pays de Dave », au « Musée de la Tour d’Anhaive », à Jambes, jusqu’au 30 Août / Animation pour Enfants, le 11 Juillet

« Dave charmant, Vallon riant » (Camille Lemonier).
« C’est à Dave que j’aurai le plus longtemps vécu / C’est à Dave que j’aurai le plus travaillé / C’est à Dave que j’aurai écrit le plus de poèmes / C’est Dave qui restera à jamais lié à ma mémoire » (Jean Kobs, extrait de son discours d’adieu, comme prêtre, à Dave, en 1977).
« Lové entre une courbe de la Meuse et les rochers de Neviau, le village de Dave, trop modeste, se pare de perles du patrimoine historique et du patrimoine naturel. Ses origines le font remonter très haut dans l’histoire du Namurois » (André Schoofs, dans son « Abécédaire du Pays de Dave »/2026).
A l’occasion, en 2026, de l’édition de l’ouvrage d’André Schoofs, « Abécédaire du Pays de Dave » (Editions du « Syndicat d’Initiative de Jambes »/broché/2026/192 p. : 20€), le « Musée de la Tour d’Anhaive », à Jambes/Namur, nous invite, jusqu’au dimanche 30 août, à découvrir, au sein de son donjon, son exposition consacrée au Pays de Dave.
A notre collègue Jean-François Lahaut, de « L’Avenir », évoquant Dave, André Schoofs confia : « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est le calme, la beauté des vieilles pierres, la Meuse évidemment, la nature et l’aspect boisé. Ce village est un village « reposoir » à un jet de pierre de Namur. Les deux images qui caractérisent Dave à mes yeux sont l’église et la Meuse. L’église, qui a été restaurée il y a peu, est un joyau de l’art mosan, dont la tour date du XIe siècle. On y trouve un orgue remarquable. L’édifice est d’ailleurs classé. Quant à la Meuse, elle fait du village un endroit unique et convivial. Beaucoup de gens aiment se promener le long du rivage. Aujourd’hui réserve naturelle, l’île de Dave, qui est la plus grande île de Belgique, contribue aussi à la beauté de l’endroit. »
Lors du vernissage de la présente exposition, le nouveau président de la « SAN », ancien directeur de la « Fondation Roi Baudouin », Dominique Allard déclara : « Au XIXe siècle, Dave était une célébrité. Il n’y a pas un livre sur la Meuse où il ne figure pas. Comme tous les Namurois, j’y passe régulièrement, et ce qui frappe, c’est le sentiment de bien-vivre qui s’en dégage. »
Evoquant son ancienne revue « Pays de Dave », dont 124 numéros furent édités, André Schoofs, qui avait déjà produit deux tomes de "Dave en Cartes postales anciennes", nous confia : « Le premier numéro ressemblait à un feuillet d’annonce de kermesse, se souvient-il. Mais avec le temps, cela s’est étoffé », ce dont son « Abécédaire du Pays de Dave » témoigne bien à propos.
« Si vous aller de Namur à Dinant, …, vous verrez mon village se profiler, au creux du vert feuillage, près de la Meuse, aux reflets caressants … Notre clocher profile dans l’azur / Sa silhouette archaïque & sauvage / Et vaillamment en dépit de son âge / Il lance au ciel son appel clair & pur / … « , des paroles de Léon Dehoul, qui furent chantées par une chorale namuroise, à l’occasion du vernissage de la présente exposition, en présence d’un nombreux public.
… Son clocher étant évoqué, soulignons qu’il s’agit de celui de l’église Saint-Martin, qui, édifiée, en style gothique, sur la base d’un ancien édifice roman, au XVIe siècle, des transformations ayant été effectuées, durant les XVII & XVIII siècles, est classée, avec son intérieur baroque, au « Patrimoine wallon », depuis 1941.
Au rez-de-chaussée, nous trouvons de nombreux objets évoquant l’histoire de Dave, d’anciennes chartes jusqu’à une boîte aux lettres, du XIXe siècle, en passant par un fort joli plat mauresque, du XVIe siècle, en faïence, ou encore la lettre de démission, comme bourgmestre de Dave, de 1844 à 1851 & de 1854 à1870, d’Armand Wasseige (1812-1882), qui fut, en 1870-1871, ministre des Travaux publics.
Ce dernier résidait juste en face de l’île de Dave, dans son château, l’ « L’Islia », dont la partie la plus ancienne, date du début du XVIIIe siècle, une partie plus récente, en style anglais, ayant été construite, en 1865, par l’architecte belge Alphonse Balat (1818-1895), qui conçut, également, les « Serres royales de Laeken » & les « Musées royaux des Beaux-Arts », à Bruxelles.
A l’étage des gravures & lithographies nous dévoilant, entre autres, le Château Fernan Nunez ou Château de Dave, sis en bord de Meuse, depuis le XIVe siècle, ayant été rebâti & agrandi, aux XVIIIe & XIXe siécles, sous la direction du duc Fernan Nunez.
400 de ses négatifs étant conservés dans les collections de la « SAN » (« Société Archéologique de Namur), nous découvrons deux photographies d’Armand Dandoy (1834-1898), ayant résidé à Dave, lui qui fut un ami du peintre namurois Félicien Rops (1833-1898). Egalement accrochées dans cette même salle, nous voyons quelques gravures & lithographies d’époque, l’une d’elle était inspirée
En 1740, dans « Les Délices du Pays de Liège », nous pouvions lire, en page 219, : « Tout est si bien entendu dans la structure de la belle ‘Maison de Dave’ & dans les embélissements de ses dehors, que rien n’y choque. A mesure que les yeux s’y amusent agréablement, l’esprit s’en ocupe avec plaisir. On ne peut disconvenir que ce charmant terrein où la nature à étalé de si beaux traits, est redevable à l’art de les avoir poussés à une si grande délicatesse. Les Seigneurs qui y ont fait son séjour, n’y étalent pas moins son excellent goût dans les embélissements qu’il y a fait … »
Au premier étage, nous découvrons une sculpture d’un résident de l’ « Institut Saint-Martin », édifié en 1899, sis au sein d’un domaine de près de 100 ha, situé sur les hauteurs du Neviau, 600 personnes y travaillant de nos jours, au service de 400 patients, pour 220 enregistrés, en 1901, 33 soignants & autres membres du personnel étant alors à leur service, alors qu’en 1905, 613 patients étaient présents, encadrés par 65 personnes.
L’actuel « Centre Neuro Psychiatrique Saint-Martin » (« CNP Saint-Martin ») définit ainsi sa mission : « offrir un projet thérapeutique individualisé de qualité, global & intégré, ainsi que centré sur le bien-être & le respect du patient« . En outre, tous les deux ans, des patients, y bénéficiant d’une formation artistique, exposent leurs oeuvres dans le cadre de l’événement namurois « Chambres avec Vues ».
A quelques mètres de l’évocation de ce réputé « Centre Neuro Psychiatrique », un portrait, peint à l’huile, de Jean Kobs (1912-1981) est accroché. Curé de Dave, de 1958 à 1967, un ciboire en argent & un calice en cuivre, avec émaux, étant exposés. Poète à ses heures, il reçut, en 1953, pour son ouvrage « Les Roses de la Nuit », le premier des « Prix Amélie-Murat« , récompensant un recueil poétique manuscrit, ainsi que la médaille de la Ville de Clermont-Ferrand, l’ « Académie française », lui octroyant, à Paris, pour ce même recueil, le « Prix Mesureur ». Après une pause dans sa carrière littéraire, cette même « Académie française » lui remit, en 1974, le « Prix Broquette-Gonain », récompensant l’auteur d’un ouvrage philosophique, politique ou littéraire, susceptible d’encourager l’amour du beau, du vrai, du bien, l’ « Académie royale de langue & de littérature françaises de Belgique » lui ayant octroyé le « Prix Davignon », alors que l’ « Association royale des ecrivains de Wallonie », lui remettait le « Prix Marcel Lobet ».
Posés sur une table-vitrine, nous voyons les deux ouvrages qui lui permirent d’obtenir les trois derniers Prix cités, à savoir « Le Kobzar de l’Exil », le premier volume concernant « Le Printemps & l’Eté », le second « L’Automne & l’Hiver ».
A noter, aux côtés d'une chape en soie, de 1785, brodée de motifs floraux, "chinoiseries" appréciées à l'époque, oeuvre du maître-tailleur Lequeux, la présence d'un impressionnant "graduel", livre liturgique catholique, de 600 pages, édité à Paris, en 1640, de 60 cm sur 40 cm, d'une épaisseur de ... 16 cm, sa couverture étant constituée de plaques de bois, recouvertes de cuir, ce livre étant relié par des rivets métalliques.
Au sein de l’ « Abécédaire du Pays de Dave » (p. 48-50), nous apprenons qu’un film – « Le Mannequin assassiné » (France/ 1948/82′), inspiré d’un roman de l’écrivain liégeois Stanislas-André Steeman (1908-1970), fut tourné à Dave, par le réalisateur français Pierre de Hérain (1904-1972), alors que nous trouvons, aussi, 5 planches d’une bande dessinée – « Cloche d’Argent » – de l’auteur namurois Jean Fivet (-2000), fondateur, en 1972, du « Bataillon des Canaris » & éditeur, dès 1968, de la revue « Pays de Dave », ayant été, de 1957 à 1970, l’illustrateur d’Arthur Masson (1896-1970), qui repose au cimetière de Dave, lui qui est le créateur, en 1938, du maïeur ardennais « Toine Culot ».
… Et puisque nous venons de citer la revue « Pays de Dave », soulignons que l’ « Abécédaire du Pays de Dave » est un condensé des revues « Pays de Dave« , dont André Schoofs était l’auteur, à qui Jean-Louis Close (°Namur/ 1947/bourgmestre de Namur, de 1983 à 2000) dédia ces quelques lignes, à l’issue du « Conseil communal », en décembre 2000 : « Cher André, ‘Etre pays’ est une belle expression, sans doute un peu désuète et moins usitée, sinon pour toi. C’est comme trimballer une poignée de terre de chez soi au fond de sa poche, une poignée cde main que l’on se garde, en signe de reconnaissance, si l’on rencontre ‘un pays’. A Dave, c’est un art de vivre que tu préserves, une terre que tu cultives, jusqu’à Québec. ‘Pays de Dave’ c’est un peu ça. Et nous voilà, par ton entremise, en grande périphérie de Dave, en pays de Namur« (page 6 de l’ « Abécédaire »).
De son côté, pour la préface de ce même « Abécédaire », Maxime Prévot (°Mons/1978), bourgmestre empêché de Namur, écrit : « Peut être que la vraie raison pour laquelle on s’y attache, c’est l’harmonie qu’on y trouve à travers des contrastes, histoire et nature, châteaux et villas, fleuve et ruisseaux, plage et rochers, tradition et modernité. Le visiteur de passage le ressent vite. Davois de souche et habitants installés plus récemment créent ensemble une atmosphère de bon vivre. »
*** Collection permanente :
A côté de l’accueil de ce musée, le passé de l’ancienne Ville de Jambes est évoqué, en collection permanente, avec quelques pièces des anciennes verreries jamboises ; les costumes du groupe folklorique local, la « Frairie royale des Masuis & Cotelis Jambois » ; des objets reçus de groupes de différents continents ayant prestés au « Festival Mondial de Folklore de Jambes-Namur », fondé en 1958 ; des photos et des échasses des anciens « Echasseurs jambois » ; l’une des cloches de l’ancienne église Saint-Symphorien ; …
« Musée de la Tour d’Anhaive » © « Syndicat d’Initiative de Jambes »
*** Infos pratiques :
Organisation : jusqu’au dimanche 30 août, du mardi au vendredi, de 13h30 à 17h30, le samedi & le dimanche, de 14h à 18h. Fermetures exceptionnelles : mardi 21 juillet & samedi 15 août. Entrée libre. Adresse : place Jean de Flandre, 01, 5100 Jambes (en face de la grande surface « Carrefour »). Visites guidées gratuites : à l’attention de tout groupe (scolaire ou non), sur réservations. Transports en commun : bus « Tec » N° 12 & 80, au départ de la gare de Namur. Contacts : 0479/15.31.91 & info@anhaive.be. Site web : https://anhaive.be/.
*** Historique de la « Tour d’Anhaive » :
Le Donjon et le logis d’Anhaive – respectivement classés par la « Commission Royale des Monuments et Sites », en 1943 & en 1981 – constituaient une Seigneurie, à vocation rurale, appartenant à l’origine à l’évêque de Liège, troisième fils du comte de Flandre, Guy de Dampierre (1226-1305), Jean de Flandre (1250-1291), qui s’y établit, dès 1285, et jusqu’à son décès. Cette « Tour d’Anhaive » fut édifiée en calcaire de Meuse, la vespasienne féodale, qui surplombait les douves, aujourd’hui disparues, étant toujours présente, au 2e étage.
Aquarelle d’Edgar Gillet (1924-2004) © « Centre d’Archéologie, d’Art et d’Histoire de Jambes »
Jambes faisait partie de la Principauté de Liège, alors séparée du Comté de Namur par la Meuse, une frontière naturelle que l’on pouvait franchir en empruntant l’ancêtre de l’actuel « Vieux-Pont de Jambes », qui était flanqué d’une « Tour Beauregard », percée d’une porte à pont-levis, marquant bien la séparation entre ces deux Etats féodaux, devenus, le 1er janvier 1977, une seule et même cité, la Ville de Namur.
*** Animation, lors d’un après-midi créatif, haut en couleurs :
Atelier gratuit pour nos enfants, de 06 à 15 ans : « Mission Blason ! », le samedi 11 juillet, de 15h à 17h. Inscriptions obligatoires : 0479/15.31.91 & info@anhaive.be.
© « Musée de la Tour d’Anhaive »
Durant un après-midi créatif, à travers des découvertes, des jeux, et des activités artistiques, nos enfants (accompagnés d’un parent) imagineront et réaliseront leur propre blason, pour raconter leurs passions, leurs rêves et ce qui les rend uniques.
Yves Calbert.




















