Tourisme & « Tour de France », en Corrèze, avec deux des « Plus beaux Villages de France »

écrit par YvesCalbert
le 13/06/2026

Alors que Bernadette Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel (1932-2026), indéniable soutien de la  Corrèze, en Nouvelle-Aquitaine, vient de nous quitter, cette jolie région française se prépare à accueillir le « Tour de France ».

Le dimanche 12 juillet, ce sera la première fois dans la longue histoire du « Tour » qu’une étape se déroulera entièrement en Corrèze, cette 9e étape traversant 32 communes. Pour deux villes corréziennes, Malemort Ussel, ce sera, aussi, leurs premières expériences, en tant que ville de départ ou d’arrivée.

Avec ses 185 km et près de 3 300 mètres de dénivelé positif, le tracé est conçu pour favoriser les échappées,  Christian Prudhomme (°Paris/1960), directeur du « Tour », ayant annoncé « une étape pour les baroudeurs, avec très certainement une échappée, qui ira au bout », ce qui devrait plaire à Wout Van Aert (°Herentals/1994), le brillant vainqueur belge du dernier « Paris-Roubaix », ou au grand espoir français, Paul Seixas (°Lyon/2006).

Soulignons que dans la « fan zone », qui prendra place au sein du « Lycée agricole de Naves », dans une ambiance chaleureuse et authentique, chacun pourra profiter des produits gustatifs corréziens, un grand écran étant installé, la journée s’y côturant avec un concert gratuit.

Le parcours – entre le terrain Pasteur, à Malemort (départ de la caravane, à 11h10, des coureurs, à 13h35) & la place Voltaire, à Ussel (arrivée de la caravane, prévue à 16h29, des premiers coureurs, prévue à 17h47) empruntera des routes pittoresques et exigeantes, avec 4 difficultés classées en 2e ou 3e catégorie :

- Côte de Naves, après Beynat et Tulle ;

- SUc au May, avec ses 3,8 km d’ascension, à près de 18 % ; 

- Côte de la Croix du Pey, technique et sinueuse ;

- Mont Bessou, à près de 1 000 mètres d’altitude.

Pour beaucoup, bien au-delà de la Corrèze, le « Tour » étant diffusé, en télévision, dans 190 pays, de découvrir le  riche patrimoine corrézien, deux joyaux, labellisés « Un des Plus Beaux Villages de France » figurant sur le parcours , à savoir Collonges-la-Rouge & Turenne.

*** Collonges-la-Rouge, l’ un des « Plus Beaux Villages de France » :

Aux confins du Limousin et du Quercy, à 19 kilomètres au sud-est de Brive-la-Gaillarde, se trouve l’un des fleurons du patrimoine rural français, authentique bijou d’architecture, mélangeant force et délicatesse, simplicité et élégance – peuplée, en 2019, de 483 habitants, vivant sur une superficie de 14,31 km2 -, Collonges-la-Rouge, 1er  « plus beau Village de France », dont la particularité est de posséder un centre historique piétonnier, dont toutes les habitations sont édifiées en grès rouge, extrait du Puy de Valège, qui culmine à 450 m de ce village.

Etape pour les pèlerins cheminant vers Saint-Jacques-de-Compostelle, Collonges-la-Rouge, tout premier site  labellisé « plus beau village de France », en 1982, il a pu préserver son église Saint-Pierre, classée, depuis 1905,  au titre des monuments historiques, elle qui fut édifiée au XIè siècle, agrandie et fortifiée à la fin du XIVè siècle, avant dêtre flanquée, au XVIè siècle, de sa tour du guetteur.

Si des bâtiments du prieuré furent détruits lors de Révolution, en 1789, entre 1562 à 1598, durant les guerres de    religions, la particularité de cette église fut que ses deux nefs furent utilisées, alternativement, pour les cultes catholique et protestant.

Egalement présentes, l’ancienne halle aux grains et aux vins, du XVIè siècle, qui abrite toujours le four banal, où les villageois faisaient cuire leur pain ; la « maison de la Sirène », qui abrite un « Musée d’Art et de Traditions populaires » ; ainsi que la « Chapelle des Pénitents », édifiée au XIIIè siècle, qui, de 1765 jusqu’à la fin du XIXème, accueillit la « Confrérie des Pénitents Noirs », dont l’une des missions était d’enterrer gratuitement les villageois.

Laissée exsangue, au XIXè siècle, après avoir souffert d’une épidémie de phylloxéra, qui fut à l’origine d’un exode  de tous ses habitants, ce village doit son actuel intérêt touristique à l’un de ses anciens maires, Charles Ceyrac  (1919-1998), qui, en 1969, obtint que Collonges puisse prendre le nom de Collonges-la-Rouge. 

Classé en 1932, nous pouvons visiter, depuis 2019, le château de Vassinhac, édifié en grès rouge, entre 1499 et 1583, au cœur de la verdure environnante. Résidence de la famille Vassinhac et du Gouverneur de la Vicomté de Turenne, ce château possède des tourelles, des mâchicoulis, des trous à mousquets et des meurtrières, nous rappellant ses caractéristiques défensives.

A l’intérieur, outre un escalier à vis, une cave voutée, nous entrons par sa grande salle à manger, pavée en gré rouge ciré, avec son plafond Louis XIII et son imposante cheminé. Nous y admirons une tapisserie d’Aubusson en parfait état. Après son boudoir, place au salon Louis XVI, entièrement boisé. A l’étage, nous trouvons des chambres  dont l’une est baptisée « Colette », parce que « certains de ses meubles appartenaient à Colette (Sidonie Gabrielle Colette/1873-1954) », comme nous le précise Eric Dueymes, la famille de son épouse étant, depuis 1826, la  propriétaire de ce lieu depuis 1826.

… Et si nous sommes pris d’une petite faim, n’hésitons pas de profiter de la terrasse du restaurant « Le Cantou »,  voire du cadre rustique de son intérieur, où nous pourrons profiter des spécialités familiales, inspirées de la tradition culinaire locale, transmise oralement par “Fifine” Valen, qui, pendant 30 ans, y officia, aux fourneaux. Parmi ses recettes, notons sa « Salade au Cabécou du Périgord et aux Gésiers de Canard », sa « Salade Cabésier au Cabécou chaud et Gésiers confits », ses « Ris d’Agneau sautés aux Cèpes », ses « Pommes de Terre à la Collongeoise” , son « Foie gras de Canard mi-cuit » ou sa « Blanquette de Veau fermier du Limousin ».

*** Turenne, le second « Plus Beaux Villages de France » du parcours :

Turenne se dresse fièrement sur son éperon rocheux, dominé par les vestiges de son château médiéval. Ancienne  vicomté puissante, cette cité de caractère séduit par son patrimoine architectural remarquable, ses ruelles pavées, ses maisons nobles, aux toits de lauze et ses points de vue panoramiques sur la vallée de la Dordogne.

Avec la silhouette élancée d’un donjon de calcaire, une avalanche de toits d’ardoises et de tourelles audacieuses,  ce village perché ne manque pas de panache. A nous de profiter de la richesse de son patrimoine, avec son église  et son retable en bois doré, ses hôtels particuliers, des XVIe et XVIIe siècles.

Guidés par des drapeaux à bandes rouge & or, au départ de la rue du Commandant Charolais, nous empruntons des ruelles des plus typiques, pour déboucher sur une charmante petite place pavée, la place de la Halle, avec, notamment, la « Maison des Chamoines », admirant, au passage, des échoppes d’artisans d’art, de produits régionaux, … d’accueillants bars, restos & salons de thé, pouvant nous offrir une agréable pause gourmande.

Arrivés à 350 m d’altitude, au Château de Turenne, admirons une porte ouvragée, un charmant muret, des fenêtres fleuries, tout en profitant d’un inoubliable panorama sur ce charmant village & sur le bocage limousin.

Sachant que, jusqu’au XVIIIe siècle, la Vicomté de Turenne était un État féodal indépendant, n’hésitons pas de profiter de cette butte isolée, surmontée de ruines altières, qui dominent la Vallée de la Tourmente, son magnifique  jardin suspendu attendant notre venue, alors que les vestiges de sa Tour de l’Horloge  (XIVe siècle) & de la Tour de la Poudrière sont à découvrir, les 63 marches de sa Tour de César (XIIIe siècle), nous permettant d’accéder à un impressionnant panorama à 360°. 

Sa situation topographique privilégiée & la configuration du relief, font de la butte de Turenne un site défensif quasi imprenable, ce qui nous expliquent, en partie, la fondation de la cité. A 320 m d’altitude, la plate-forme sommitale, de 260 m sur 60 m, est délimitée par une falaise calcaire formant l’enceinte naturelle de la forteresse. N’hésitons pas à profiter de cette butte isolée, surmontée de ruines altières domine la vallée de la Tourmente.

A deux reprises, au Xlle & au XIVème siècle, l’Aquitaine sert d’enjeu & de champ de bataille, aux rois. La vicomté, achetée, en 1350, par un neveu du pape, Guillaume Roger de Beaufort (1332 – 1395), devenu, ainsi, vicomte de Turenne, sa famille demeurant une centaine d’années dans ce superbe Château. De 1450 à 1550, la vicomté se relève de ses ruines, sous le règne bienfaisant des Seigneurs de La Tour, venus d’Auvergne. Quant au bourg, il se peuple d’artisans, les bourgeois – marchands, notaires ou prêtres – se faisant construire des hôtels privés spacieux, dotés de tours-escaliers … Ce fut l’âge d’or de la Renaissance.

Visiter Turenne, c’est plonger dans l’histoire, sa butte isolée, surmontée de ruines altières, dominant la Vallée de la Tourmente. Saluons son ambiance paisible, idéale pour une balade à pied & une pause gourmande. Entre charme intemporel, nature environnante & patrimoine, Turenne est une étape incontournable en Corrèze.

*** Brive-la-Gaillarde, sous préfecture de la Corrèze : 

« Au marché de Briv’-la-Gaillarde,
A propos de bottes d’oignons,
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon. »

Ainsi chantait Georges Brassens (1921-1981), dans sa composition d’ « Hécatombe » (1952), évoquant les bottes d’oignon, les crêpages de chignon de « quelques douzaines de gaillardes », ce qui motiva les Brivistes, à lui consacrer leur « Halle Georges Brassens », ouverte les mardis, jeudis et samedis.

Fondée en 1839, de génération en génération, elle garantit une fabrication ancestrale, ayant pour spécialités : sa   « moutarde violette de Brive », ses apéritifs du terroir et ses liqueurs rares, et, plus particulièrement, sa  « Suprême Denoix », une délicieuse liqueur aux noix du pays, à déguster avec modération, sachant qu’à la mi-juillet, nous pouvons assister au broyage et pressage des noix vertes du pays, indispensables à sa fabrication.

Notons que la ville la plus grande et la plus peuplée du département, Brive-la-Gaillarde, tire son nom du gaulois  « Briva » , qui signifie « pont », et de « galia », qui veut dire « force », Brive – devenue, au Moyen-Âge, une ville fortifiée , traversée par la rivière Corrèze (en français « celle qui court »), qui finit son voyage, de 94,6 km, au sortir de la ville, en se jetant dans la rivière Vézère, laquelle se jettera, à Limeuil, dans le fleuve Dordogne.

*** Meymac, porte d’accès au « Parc naturel régional de Millevaches » : 

Sis dans le Massif central, pour bénéficier de la jolie vue panoramique sur la Chaîne des Puys & les Monts Dore, n’hésitons pas de gravir les marches de la « Tour 1000 », dressée sur le Mont Bessou, point culminant, à 977 m d’altitude, de la Corrèze & du Limousin, des points y étant attribués pour le « maillot à pois » du « meilleur grimpeur » du « Tour ».

*** Tulle, « la Ville aux sept Collines » :

Connue pour sa manufacture d’accordéons, « Maugein Frères », elle nous rappelle qu’Yvette Horner (1922-2018),  accompagna onze fois, avec son « piano à bretelles », le « Tour de France » (1952-1963).

*** Naves, dont la côte constitue l’une des 4 difficultés de l’étape :

C’est en cette ville, située à la sortie de Tulle, que la « fan zone » prendra place, au sein de son « Lycée agricole » , nous permettant, dans une ambiance authentique & chaleureuse, de pouvoir profiter des produits gustatifs corréziens, un grand écran y étant installé, la journée s’y clôturant avec un concert gratuit.

*** Malemort, ville de départ de la 9è étape du « Tour » :

Quatrième ville du département de Corèze, limitrophe de Brive-la-Gaillarde, Malemort – née de la fusion, en 2016, des villages de Malemort-sur-Corèze & Vernasa – est, également, traversée par la rivière Corrèze. 

Si le nom donné à cette ville provient de la famille de Malemort, qui fit édifier, au XIe siècle, sur les hauteurs de l’ancien Village de Malemort-sur-Corrèze, le Castrum (lieu fortifié) de Montemart, notons que la « bataille de Malimort », en 1177, vit l’armée des Seigneurs du Limousain l’emporter sur celle de Richard Coeur de Lion (1157-1199), duc d’Aquitaine, de 1172 à 1199, le Castrum étant, finalement, pris, en 1180, par les Brabançons (troupes de mercenaires du duché de Brabant), dirigés par Mercadier (?-1200), bras droit de Richard Coeur de Lion. 

*** Ussel, ville d’arrivée de la 9è étape du « Tour » :

Sise à 631 m d’altitude, sur les derniers contreforts du Plateau de Millevaches, Ussel, deuxième plus importante  sous-préfecture de la Corrèze, aurait une origine gauloise, son nom devant être issu du mot gaulois « Uxello », signifiant « élevé », à une époque où cette cité était défendue par l’oppidum du Charlat, un camp de Jules César  (101-45 avant notre ère).

Bien plus tard, en 1371, Duguesclin (Bertrand du Guesclin/1320-1380) dirigea le siège d’Ussel, alors occupé par les Anglais, cette ville corrézienne ayant souffert, le 10 juin 1944, du massacre par les nazis de 47 jeunes maquisards, Ussel étant alors la base de la brigade allemande Jesser, jusqu’au « combat d’Ussel », le 16 août 1944, qui permit aux Français de reprendre le contrôle de leur ville.

Parcourant cette cité médiévale, nous découvrons l’église gothique Saint Martin, édifiée XVIIIe siècle, avec son  maître-autel, en bois sculpté polychrome, doré, attribué au sculpteur ussellois Paul Delimosin ; la chapelle Saint-Martial, dite « Chapelle des Pénitents » ; la Tour Soubise, édifiée au XIV siècle ; ainsi que nombre de demeures des XVIe & XVIIe siècles, l’une d’elles ayant été une résidence Renaissance des ducs de Ventadour.

*** Sarran, la commune de Jacques Chirac :

Ayant évoqué Bernadette Chirac, quittons le parcours de cette 9e étape du « Tour de France », pour nous rendre à Sarran, une commune de 300 habitants (2019), afin d’y visiter le « Musée du Président Jacques Chirac », dédié à Jacques Chirac (1931-2019), président de la  République française, de 1995 à 2007.

Inauguré en décembre 2000, ce musée nous présente, avant tout, une exposition permanente d’une sélection de  cadeaux protocolaires, reçus à l’occasion des visites officielles à l’étranger effectuées par l’ancien président de la  France, présentés par continent, pays et dates à l’appui, ces cadeaux, allant du stylo à encre de luxe jusqu’à des  poteries ou statues de grands  formats, nous étant présentés dans une fort intéressante scénographie.

Jusqu’au lundi 31 août, deux expositions temporaires nous y attendent :

- « Mode. Au Fil de la Diplomatie », présentant des tenues de Haute-Couture (« Chanel’, « Dior » & « Vuitton »), cette expo mettant en lumière le rôle des textiles, vecteurs d’un langage politique à part entière.

- « Inuit », un regard sur une culture des Terres Arctiques (Canada, Groenland & Sibérie), via une vingtaine d’objets sculptés de la Collection personnelle de Jacques Chirac.

*** Sélection d’autres sites à découvrir en Corrèze :

- Argentat-sur-Dordogne, ancien important port de chargement, sur la Dordogne, de « gabares », bateaux traditionnels destinés au transport de marchandises.

- Saint-Geniez-ô-Merle & ses « Tours de Merle », édifiées entre les XIIIè et XVè siècles, dans les collines &  forêts de la Xaintrie, son castrum de 7 Tours, de 7 Familles de Seigneurs y ayant cohabités.

- Treignac-sur-Vézère, réputée pour avoir accueilli, à trois reprises, sur la Vézère, les Championnats du Monde de Canoés-Kayaks de descente en Rivière.

- Uzerche, hérissée de tours, truffée de passages voûtés, ornée de demeures semblables à de petits châteaux, d’où le proverbe « Qui a maison à Uzerche a château en Limousin ».

Concernant tout séjour en Corrèze, n’hésitons pas à nous rendre sur le site web de « Corrèze Tourisme » :    http://www.tourismecorreze.com/fr« Corrèze Tourisme » propose, aussi, un service réceptif pour les  groupesRenseignements : http://www.pro.tourismecorreze.com/groupesContact 33.5/44.41.90.20.

Yves Calbert.

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