EXPOSITIONS BROGNON ROLLIN. L’avant-dernière version de la réalité du 8 octobre au 9 janvier 2022 AU BPS22 à Charleroi

écrit par VandenHende
le 07/10/2021

Le BPS22 Musée d’art de la Province de Hainaut, à Charleroi, accueille le second volet de la première exposition monographique muséale du duo d’artistes Brognon Rollin. Coproduite avec le MAC VAL, à Vitry-surSeine, en France, cette exposition constitue une mise en perspective de leur démarche, initiée il y a près de quinze ans, par de nouvelles productions spécifiques, dont Yamina, la plus grande ligne de vie en néon qu’ils n’aient jamais réalisée. Une mise en perspective qui souligne la singularité de leur univers formel et la cohérence de leur démarche.

Nés respectivement en 1978 et 1980, à Messancy (Belgique) et à Luxembourg (Grand-Duché), David Brognon et Stéphanie Rollin produisent depuis près de quinze ans une œuvre protéiforme, guidée par une grande exigence conceptuelle et éthique. C’est ce qui transparaît à travers cette première exposition muséale d’envergure, déployée en deux volets internationaux, d’abord en France (au MAC VAL en 2020) et aujourd’hui en Belgique.

Derrière ce titre, L’avant-dernière version de la réalité, emprunté à l’écrivain Jorge Luis Borges, se développe une interrogation récurrente : le réel existe-t-il en dehors de ses représentations ? Et qu’en est-il plus précisément du temps et de sa perception ? De sa relativité ? De sa dimension spatiale ? Comment donner forme à l’expérience de la durée ? Ou à celle de l’attente ou de la suspension ?

Comme l’ont noté Frank Lamy et Julien Blanpied, commissaires du premier volet au MAC VAL, « entre Philip K. Dick, Stefan Zweig et Jorge Luis Borges, David Brognon et Stéphanie Rollin explorent les interstices du temps. Les œuvres de l’exposition se donnent à expérimenter comme autant de failles spatio-temporelles et engagent une méditation sur la disparition programmée de toute chose ».

A travers une sélection d’une quarantaine de pièces, enrichies à chaque volet de plusieurs nouvelles productions (dont Yamina, une ligne de cœur -celle nichée dans la paume de la main d’une femme mariée de force- en néon de 27m), l’exposition retrace les principales étapes du cheminement artistique du duo. Se tisse ainsi, entre les différentes œuvres, un faisceau de préoccupations récurrentes qui donne à l’exposition toute sa cohérence.

Celle-ci est encore soulignée par l’ambitieux dispositif scénographique adopté : une tonalité grisâtre et incertaine nimbe les murs et sols, tandis que des focales lumineuses, parfaitement adaptées, isolent œuvres et cartels au sein d’une atmosphère feutrée, propice à la méditation et à la réflexion. Par la force de cette scénographie, les artistes ont pensé l’exposition comme une installation globale que les visiteurs sont invités à appréhender dans sa totalité.

Site web BPS22 : www.bps22.be/fr/expositions/brognon-rollin

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