« Sculptures dans la Ville », … de Dirk De Keyzer, à Namur, jusqu’au 31 Août

*** Citations de Dirk De Keyzer :
« Sans tomber dans la naïveté, la pensée positive et constructive guide chacune de mes œuvres. »
« Mon art est reconnaissable par tout le monde. Mes sculptures suscitent avant tout un sentiment. Il n’est pas nécessaire d’y réfléchir à l’infini. »
« Les sculpteurs sont une race à part. Des esprits créatifs qui n’ont pas peur d’un solide labeur physique. Nous associons imagination et poésie à la connaissance technique et au travail acharné. »
*** Découverte du parcours :
Sur les places du Centre-Ville de Namur, succédant aux sculptures de Luc De Man, en 2025, & de « Kalbut » (Maxime Gesquière), en 2024, jusqu’au 31 août 2026, le sculpteur gantois Dirk De Keyzer (°Sleidinge/1958) nous invite à découvrir ses oeuvres, dans le cadre de l’événement estival annuel « Sculptures en Ville » :
- Esplanade de la Confluence : « Chevaillette » & « Grand Parleur » ;
- Place de l’Ange : « Grand Ponita » ;
- Place d’Armes : « Divina Proportia » ;
- Place Maurice Servais : « Grand Amphitrite » & « La Guide du Voyage » ;
- Pôle muséal « Les Bateliers » (dans l’ancienne chapelle/entrée libre) : petites sculptures.
* « Grand Parleur », sur l’Esplanade de la Confluence :
Sur l’esplanade de la Confluence, côté Citadelle, « Grand Parleur », nous appelle, avec son porte voix, à découvrir, à Namur, après New York, Rotterdam & Shanghai, quelque oeuvres du parcours wallon de son créateur flamand, Dirk De Keyzer.
Suspendues entre rêve et réalité, ses sculptures de bronze évoquent un monde idyllique, où tous les êtres vivent en harmonie, où la fantaisie côtoie l’ordinaire. Disséminées entre la place de l’Ange et l’esplanade de la Confluence, ses créatures hybrides et fantasques, nous offrant une parenthèse enchantée au cœur de l’été, six petites sculptures ayant pris place dans l’ancienne Chapelle du « Pôle muséal Les Bateliers », créant un dialogue entre l’effervescence de la ville et la sérénité de ce lieu chargé d’histoire.
Formé à l’ « Académie royale des Beaux-Arts », à Eeklo, Dirk De Keyser sculpte essentiellement le bronze, depuis 1985, donnant vie à des personnages ordinaires, saisis dans des instants du quotidien, toujours teintés d’humour et de légèreté.
Lors de la présentation à la presse, l’artiste gantois nous confia : « Je suis très heureux d’être ici, et d’avoir la chance d’exposer mes sculptures dans le centre-ville … C’est un réel honneur pour moi d’exposer dans cette belle ville … Je ne connaissais pas Namur. Quand j’y suis venu pour la première fois, au printemps, cela a été un véritable coup de cœur. J’ai déjà fait quelques expositions dans des galeries en Wallonie, mais voir mes œuvres exposées ici en plein air est vraiment particulier à mes yeux.«
* « Chevaillette », sur l’Esplanade de la Confluence :
Probablement sans le savoir, Dirk De Keyser, avec sa sculpture en bronze « Chevaillette », va à la rencontre du folklore local, où , accompagnant « Les Géants namurois », les « Chevaux Godin » ravissent les Namurois, notamment lors de l’annuelle « Journée du Folklore & des Traditions », organisée par « FolkNam », prenant vie grâce à différents bénévoles, dont Franz Praile, le gouverneur de la Province de Namur, Denis Mathen, en ayant même, en coulisses, chevauché l’un d’eux.
* « Divina Proportia », sur la place d’Armes :
Lui-même ayant choisit les lieux où il souhaitait placer ses oeuvres, il est évident que « Divina Proportia » se devait de se retrouver sur la place d’Armes, en avant plan de nos amis wallons « Djoseph èt Françwès », promenant leurs deux escargots, une sculpture en bronze (2000) de Suzanne Godard, d’après les personnages nés de l’imagination de l’auteur-illustrateur Jean Legrand (1906-2002), deux témoins d’un temps passé, où l’on prenait le temps de vivre & de méditer, leur succès se trouvant dans leur philosophie, faite d’un bon sens populaire, d’humeur tranquille.
« Pour Dirk De Keyzer, la vie elle-même constitue la principale source d’inspiration.
Cette influence transparaît de manière saisissante dans ses œuvres, où les personnages semblent pouvoir appartenir à toutes les cultures, ou à aucune en particulier, soulignant ainsi leur universalité.
Dirk De Keyzer excelle dans la création de mondes parallèles, et à Namur, il a véritablement trouvé un terrain de jeu exceptionnel. Son escargot, par exemple, paraît animé d’une liberté plus grande que celle des deux escargots de nos amis ‘Francwes et D’Joseph’, que l’on aperçoit juste derrière l’élégante ‘Divina’ » (© Murielle Lecocq).
« ‘Divina Proportia’ (‘Divine Proportion’) … Tête levée vers l’azur, elle ouvre les mains au monde, mains tournées vers son ventre, vers la vie. Porteuse d’espoir, de vie et de douceur protectrice.
Son geste universel traverse toutes les civilisations.
Élevée sur la coquille d’un élégant gastéropode, elle nous invite à explorer l’univers des proportions divines. Et…
Si son nom évoque le nombre d’or, c’est avant tout à la vie qu’elle accorde toute sa valeur » (© Murielle Lecocq).
… Et Dirk De Keyzer de se confier : « Mon inspiration, c’est la vie elle-même, et elle passe chaque jour devant moi. Une telle source ne se tarit jamais : tout est inspiration, parfois issue de mes voyages en Afrique ou en Inde … Ce qui me touche, ce sont les événements quotidiens, qui influencent la vie de chacun. Parfois des choses graves, mais de préférence des incidents drôles et innocents qui me font sourire spontanément. Pour moi, l’inspiration, c’est regarder sans cesse autour de moi et enregistrer des images de façon photographique. »
« Je veux donner aux gens un peu d’espoir. Je souhaite aussi faire passer des notes d’humour, pour nous offrir une meilleure compréhension du monde. Balayons les préjugés & relions les gens. Parfois, je sens que si je vais plus loin, cela devient de la farce, et je ne veux surtout pas ça. »
« J’essaye toujours de créer une figure qui appartient à toutes les cultures du monde. C’est ainsi qu’est né mon homme universel ou ma femme universelle. Mes figures sont atypiques, elles combinent toutes différents idéaux de la beauté, mais elles sont toutes de la même famille. »
« Je suis en dehors de tout courant. Mon art, c’est de la poésie sans mots. Sans mots mais avec des formes. Ce sont des poèmes, mais en sculptures. Tout ce qui fait la vie s’y retrouve. Si cela suscite un sourire mélancolique, alors, appréciant la mélancolie joyeuse, je considère que ma mission est accomplie. »
« J’ai déjà sculpté la pierre, mais ce n’est pas mon truc. C’est trop long. Je suis un modeleur, il faut que ça avance. Depuis les années ’80, je travaille le bronze. Je trouve que c’est un matériau magnifique, d’une solidité incroyable. On peut tout faire avec le bronze. C’est aussi un matériau chaleureux. Il évolua avec le temps, il reste vivant. Le bronze me rend immortel. »
* « Grand Ponita », sur la place de l’Ange :
« Je choisis mes lieux d’exposition par intuition, sauf pour l’une d’entre elles, « Grand Ponita », qui représente un ange et qui devait, bien évidemment, battre des ailes sur la place de l’Ange », nous confia Dirk De Keyzer.
A la question de savoir quelle est son oeuvre préférée, Dirk De Keizer tint à répondre : « C’est toujours ma dernière œuvre. J’aime à penser que je n’ai pas encore réalisé ma meilleure sculpture, ce qui me permet de continuer à me lancer des défis. En ce moment, c’est ‘Grand Ponita’ qui l’emporte, posée sur le nouveau socle que nous avons conçu pour Namur.« .
* « Grand Amphitrite », sur la place Maurice Servais :
« Je suis parti d’un coquillage de nautile. Les nautiles sont une sorte de calmars. Ils vivent dans une coquille, qui n’est pas fixée au fond marin et qui ne se déplace pas, flottant dans l’eau comme un sous-marin. Ces nautiles peuvent s’alléger en produisant du gaz dans leur coquille, ce qui les fait remonter. Création merveilleuse de la nature, quand le nautile contracte ses tentacules, on obtient un effet de propulsion. J’ai d’abord fabriqué une telle coquille, puis j’ai imaginé une figure à y placer, et ce fut ‘Amphitrite’, l’épouse de ‘Poséidon’, déesse de la mer », nous dit Dirk De Keyzer.
* « La Guide du Voyage », sur la place Maurice Servais :
« Contemplez ces pieds impatients de s’aventurer dans les fontaines de la place Maurice Servais, tandis que les jupes se soulèvent et que la guide désigne la route à suivre.
Pourtant, notre attention se trouve soudain captée par un doigt qui pointe le ciel, nous incitant à lever les yeux et à envisager une montée vers les hauteurs.
Ce geste nous invite à poursuivre notre exploration en prenant le téléphérique, pour découvrir la ville sous un nouvel angle, en surplombant la place et ses fontaines animées » (© Murielle Lecocq).
« Cette sculpture est née en observant des gens marcher derrière une guide touristique. Avec son petit drapeau levé en l’air, elle ouvre la marche, suivie par des personnes qui n’ont absolument pas conscience de tout ce que la guide raconte. De temps en temps, elles regardent ce drapeau, qui pour elles n’est en réalité qu’un moyen de ne pas perdre leur chemin. J’ai donc créé une figure qui marche sur une sorte de planète, avec tous ses suiveuses – on pourrait les appeler des touristes -, derrière elle. Je saisis cette procession au moment où la guide s’arrête soudainement et lève le doigt. Mais personne ne l’a vue et toutes ces touristes lui rentrent dedans », nous expliqua Dirk De Keyzer, quant à son inspiration pour cette création.
* Petites sculptures, au sein du pôle muséal « Les Bateliers » (dans l’ancienne chapelle/entrée libre) :
Entre la place Saint-Aubain & la Sambre, nous nous devons de terminer notre parcours dans un lieu rassemblant le « Musée des Arts décoratifs » & le « Musée archéologique », le pôle muséal « Les Bateliers », dont l’ancienne chapelle nous propose de découvrir d’intéressantes petites sculptures, dégageant nos émotions, de Dirk De Keizer, créées tout en finesse, avec une agréable impression de mouvement …
*** Historique de « Sculptures dans la Ville », depuis 2002 :
Après, entre autres, Olivier Strebelle (1927-2017), le sculpteur du « Cheval Bayard » de l’ « Expo 58 », à Bruxelles, désormais installé près du pont des Ardennes (édition 2014) ; Jan Fabre, dans le cadre de « Facing Time –Rops/ Fabre », dont la sculpture « Searching for Utopia » est installée sur la Citadelle, face à l’esplanade de la Confluence (2015) ; « Umbrella Sky Project », 280 ombrelles étant suspendues dans la rue Haute-Marcelle (2016) ; Isaac Cordal et ses figurines, disséminées dans la ville (2017) ; Lilian Bourgeat et ses objets démesurés (2019), Nicolas Eres et ses fourmis géantes, alors que Namur vivait au ralenti, entre deux confinements (2020) ; Bob Verschueren et ses installations éphémères (2021), Francis Guerrier et ses sculptures abstraites (2023) ; ou encore « Kalbut » et son monde animalier (2025), c’est au tour de Dirk de Keyzer d’amuser, d’étonner, de séduire les promeneuses et les promeneurs, le temps d’un été ensoleillé, vécu, à Namur, sous le signe de la fantaisie.
– Autres artistes ayant animé « Sculptures dans la Ville » : Félix Roulin (2002), Stéphane Jourdan (2003), Serge Gangolf (2004), Mady Andrien (2006), Charlotte Marchal (2007), Sabine Guillaume (2008), Annie Brasseur (2009), Monique De Ceulaer & Gie Luyten (2010), Chantal Hardy (2011), Jean Morette (2012), Gavin Turk (2013), Liesbet Bussche (2017) & Francis Guerrier (2023).
*** Infos pratiques :
Contacts avec l’ « OTN » (« Office du Tourisme de Namur ») : 081/24.64.49. Leur site web : https://visitnamur.eu. Contacts avec l’artiste : 0473/26.36.28 & info@dirkdekeyzer.com. Son site web : https://dirkdekeyzer.com/. Livre conseillé : « Dirk De Keyzer » (« Editions Horus Gallery »/2025).
Les lieux d’exposition des sculptures de Dirk De Keyzer figurent sur un plan, disponible, gratuitement, à l’ « OTN », rue du Pont, 21, en bord de Sambre, face à l’esplanade de la Confluence.
Yves Calbert & Murielle Lecocq.






























