Photographies de Pierre Dandoy (1922-2003) exposées à Namur

écrit par YvesCalbert
le 23/07/2023

Pierre Dandoy (1922-2003), décédé à 81 ans, fils et petit-fils de deux peintres namurois de renom, Albert Dandoy  (1885 -1977) & Auguste Dandoy (1839-1893), n’était âgé que de 15 ans, lorsqu’il entama ses études à l’ « Académie des Beaux-Arts », à Namur.

Ensuite, à l’époque de la seconde guerre mondiale, il s’embarqua au sein de la « Légion étrangère », pour le  Sahara, et s’engagea, en 1944, comme volontaire belge en Allemagne, avant de connaître, dès 1951, au sein du  « Service cinématographique de l’Armée », la guerre de Corée, armé d’un « Leica », son premier appareil photographique, ce qui l’orienta vers sa carrière de photographe professionnel.

S’étant procuré les meilleurs appareils de l’époque, tels des « Rolleiflex », « Hasselblad », « Nikon »  &  « Nikkormat », devenu sergent, il accompagna, en 1955, un chercheur de l’ « Institut des Sciences Naturelles », lors d’une expédition dans la région congolaise de Banana, durant laquelle il photographia le Roi Baudouin (1930-1993) , pas uniquement dans le cadre de sa mission professionnelle, mais aussi pour des recherches artistiques personnelles.

En quatre lieux de la Ville de Namur, selon le souhait de sa famille, de nombreuses photographies de cet artiste namurois, qui aurait eu 100 ans en 2022, disparu il y a vingt ans, Pierre Dandoy, fils et petit-fils de deux peintres namurois de renom, Albert Dandoy (1885 -1977) & Auguste Dandoy (1839-1893), père de quatre filles, Fançoise, décédée à 20 ans, Catherine, Sophie & Jeanne, ainsi que de de deux fils, David, décédé en 1991, & Bernard.

*** « Pierre Dandoy – Archives / Saison 1 »à la « Galerie du Beffroi », jusqu’au samedi 29 juillet :

Plus que quelques jours, pour découvrir l’exposition qui couvre le mieux la première partie du parcours professionnel et artistique du photographe namurois Pierre Dandoy, tout en effleurant les moments phares de sa vie personnelle, avec ses épouses successives, Jeanne Salentiny et Paulette Lagrange, ainsi que sa dernière compagne, sa muse, Isabelle Pajot, et ses filles,

Couvrant une période comprise entre les années 40 et le début des années 70, cette exposition s’appuie sur de nombreuses archives familiales : correspondances, ébauches de publications, maquettes et récits, mais aussi ses travaux de jeunesse : des photographies et des vidéos issues du « Fonds Pierre Dandoy », conservé aux  « Archives de l’État de Namur ».

L’exposition est déclinée en un peu plus d’une dizaine de thématiques, qui montrent toute la richesse, la diversité et l’originalité de son parcours : l’alpinisme ; les bohémiens ; Ciney, avec son « Festival de la Guitare d’Or » ; l’ancien  Congo belge ; la Corée en guerre ; l’ « Expo universelle » de Bruxelles, en 1958 ; Namur, dans les années ’60 ;  nombre de portraits de célébrités (Jacques Brel, Jean Marais, …) ; sans oublier quelques-unes de ses peintures.

Ce concernant, l’une de ses filles, Sophie – gestionnaire de son inventaire, conservé aux « Archives de l’État », à  Namur -, avait confié à notre confrère de « L’Avenir », Ugo Arquin : « Ayant baigné dans l’art, dès l’enfance, il réalisa des pastels en parallèle car c’était un véritable touche-à-tout ».

De son côté, Maxime Prévot avait, lors du vernissage, le mardi 04 juillet, rendit un vibrant hommage à cet artiste,  qui, en 1942, avait rencontré, à Paris, Pablo Picasso (1881-1973), dans son atelier, avant de devenir projectionniste aux « Studios Chaumont ». Bien sûr, le bourgmestre de Namur, tint à souligner que Pierre Dandoy, fut, dans sa  Villle, professeur à l’ « Académie des Beaux-Arts », ainsi que, dès 1960, photographe pour le quotidien « La Meuse », ayant, aussi, été l’un des photographes présents à la 1ère « Rétro Photo Presse » namuroise, organisée il y a plus de 30 ans.

Ouverture : jusqu’au samedi 29 juillet, du mardi au samedi, de 11h à 18h, le dimanche, de 12h à 18h. Entrée libre.  Contacts : 081/22.84.76.

*** « Les artistes namurois sous l’objectif de Pierre Dandoy », au « Delta » (« Salle du 7è ciel »), jusqu’au dimanche 06 août :

Au travers de son objectif, Pierre Dandoy a su immortaliser une génération d’artistes dont plusieurs furent des  élèves de son père, Albert Dandoy, à l’ « Académie des Beaux-arts », à Namur (Luc Perot, Jeanne Salentiny, Michel Scheer, …).

Ses clichés nous font découvrir une déclinaison type de portraits, ceux de l’artiste dans son atelier (dont plusieurs de Luc Perot), nous livrant la précision de son geste artistique, ceux présentant des artistes, appuyant la renommée des peintres et sculpteurs·trices ou encore des portraits montrant une mise en scène plus intimiste ou fantaisiste.

Aux côtés de portraits immortalisant le critique d’art, commissaire d’expositions et fondateur de la « Galerie Détour » , à Jambes, Claude Lorent, ainsi que différents artistes (outre ceux cités par ailleurs, Dominique Berger, Yvonne  Gérard, Albert Houard, André Lambotte, André Lapierre, Jean Legrand, Renée Prinz, Félix Roulin, Jean–Marie Van Espen & Marcel Warrand), nous trouvons des peintures réalisées par ceux.celles ci, faisant partie de la Collection de la Province de Namur, telles « Portrait de Jeanne » (Luc Perot/1955), « Le petit Dieu » (Jeanne Salentiny/non daté), « Portrait de Michel Despas » (Yvonne Perrin/non daté), …

En outre, des QR codes nous renvoient à d’autres oeuvres acquises par la Province et se trouvant exposées en  différents lieux du « Delta ».

Pour la première fois, conçu de manière ludique et évolutive, nous découvrons un dispositif numérique dédié aux artistes de la Province de Namur. Ainsi, nous nous pouvons prendre connaissance d’un résumé de leurs biographies, puis, par un simple « clic », d’une sélection de leurs oeuvres, des paysages au pop art, dont celles, bien sût de Pierre, Albert & Auguste Dandoy, mais aussi de Luc Perot (1922-1985), de celle qui fut la première épouse de Pierre Dandoy, avant d’épouser Luc Perot, Jeanne Salentiny (1924-2018), …, et d’Evelyne Axell  (°Evelyne Devaux/1935-1972), que Pierre Dandoy photographia à de nombreuses reprises, une sélection de ses portraits étant actuellement exposée, dans l’ « Espace muséal » du « Delta ».

Ouverture : jusqu’au dimanche 06 août, du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Entrée libre (billet d’entrée gratuit à demander dans le « Delta Shop« ). Contacts : info@ledelta.be & 081/776773. Site web : https://ledelta.be/.

*** « Pierre Dandoy photographie Evelyne Axell », au « Delta » (« Espace muséal »), jusqu’au dimanche 15 octobre :

Voici une intéressante petite exposition nous dévoilant une artiste peintre namuroise bien connue, Evelyne Axell  (née Evelyne Devaux/1935-1972), beaucoup trop tôt décédée, des suites d’un accident de la route, survenu  à  Zwijnaarde.

Ayant étudié la peinture à l’huile aux côtés de René Magritte (1898-1967), après avoir suivi des cours de céramique de l’« Académie des Beaux-Arts », à Namur, puis d’Art dramatique, au « Conservatoire royal », à  Bruxelles, Evelyne Axell fut, en 1969, la première femme artiste à recevoir le « Prix de la Jeune Peinture belge »,  étant, aujourd’hui reconnue, dans le monde entier, comme l’une des principales artistes du « Pop Art ».

Notons son propos : « Malgré toute l’agressivité, mon univers est avant tout rempli d’un amour inconditionnel de la vie. mon propos est clair : la nudité et la féminité expriment l’utopie d’une liberté bio-botanique, c’est à dire, une  liberté sans frustration, ni soumission progressive, qui tolère uniquement les limites qu’elle se fixe … J’ai envie de produire librement des images traduisant la passion sous toutes ses formes et, simultanément, si brillantes qu’elles aiguisent l’appétit des masses. »

Réalisés entre 1959 et 1962 – alors qu’Evelyne Axell travaillait principalement en tant que comédienne et comme   « speakerine » (métier aujourd’hui disparu) pour la « RTB » (sans « F », dans ces années là) -, les images étonnantes d’un photographe qui a l’art de capter l’âme des artistes, témoignent, ici, de la complicité amicale et artistique entre les deux artistes et questionnent la relation inventive entre un photographe et son modèle, ces clichés étant, pour la plupart, inédits, ceux-ci étant, en réalité, des négatifs jamais imprimés, trouvés récemment au sein des « Fonds Dandoy », déposés, à Namur, aux « Archives de l’Etat ».

Une table-vitrine, où divers documents sont exposés, se doit d’attirer, également, notre attention, des notes manuscrites y figurant, se terminant par ses mots : "Au revoir Pierre, à cause de toi, Namur a, pour moi, un autre visage."

Ouverture : jusqu’au dimanche 15 octobre, du mardi au dimanche, de 11h à 18h. Entrée libre (billet d’entrée gratuit à demander dans le « Delta Shop« ). Contacts : info@ledelta.be & 081/776773. Site web : https://ledelta.be/.

Actuellement, au « Delta », jusqu’au dimanche 13 août : « En Regard », un dialogue entre les colections du  « Musée des Beaux-Arts d’Ixelles » et de la Province de Namur.

Prochaine exposition, au « Delta » : « Témoignages de Folklore » (costumes & photographies de 22 groupes folkloriques wallons), du mardi 22 août jusqu’au dimanche 10 septembre , à l’occasion du 100è anniversaire des  « Fêtes de Wallonie ».

*** « Pierre Dandoy – Au Boeuf sur le Toit », au « Musée provincial Félicien Rops » (dans le jardin), jusqu’au dimanche 29 octobre :

Comme Félicien Rops (1833-1898) aimait, lui aussi, les saisir avec son crayon, Pierre Dandoy photographia des comédien.ne.s, aussi bien sur la scène, qu’au maquillage, dans les loges du cabaret bruxellois « Le Boeuf sur le Toit », où ce photographe namurois fut employé, de 1956 à 1962, comme décorateur.

Aussi, il en profita pour poser son trépied et son appareil argentique, afin de capter, plus particulièrement, quelques moments d’intimité d’artistes au repos ou se préparant à mon ter en scène.

Voici, ici, une autre facette du talent de Pierre Dandoy, avec des images bien différentes de celles qu’il réalisa au  Congo, en Corée, ou, plus près de nous, de bohémiens, comme nous pouvons le voir, pour quelques jours encore  (voir plus haut), à la « Galerie du Beffroi ».

Ouverture de l’exposition « Au Boeuf sur le Toit » : jusqu’au dimanche 29 octobre, du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Entrée libre. Contacts : & 081/77.67.55. Site web : http://www.museerops.be.

Actuellement, jusqu’au dimanche 17 septembre, au « Musée provincial Félicien Rops » : « Hommage à Pan. Peter  Depelchin », un peintre ostendais contemporain, grand admirateur de l’oeuvre de Félicien Rops, dont il s’inspire.

Prochaine exposition, du samedi 21 octobre 2023 jusqu’au dimanche 10 mars 2024, au « Musée provincial Félicien Rops » : « Au Travail ! Ateliers d’Artistes en Belgique ».

En attendant, rendons hommage à cet important photographe – baroudeur devant l’éternel, amoureux de sa Ville, Namur, lauréat, en 2000, de la « Gaillarde d’Argent » -, en visitant les 4 expositions consacrées à son talent, en n’oubliant pas d’admirer – dans un quartier où il vécut ses dernières années, celui de Salzinnes – l’imposante fresque, de 360 m2, inaugurée en 2022, sur une façade de la rue Henri Lemaître, réalisée par un artiste pochoiriste bruxellois, Samuel Idmtal, sur base d’une photographie d’inondations de la Sambre, prise par  Pierre Dandoy.

Yves Calbert.

 

  • Luc Perot vu par P. Dandoy © « Fonds Dandoy »/« Archives de l’Etat » © Photo Expo : M. Lecocq
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