"David Hockney. Le Chant de la Terre", au "CAP", à Mons, jusqu'au 25 Janvier

écrit par YvesCalbert
le 12/01/2026

« Je pense que c’est ce dont nous avons besoin aujourd’hui. Des images fraîches de ce monde qui est si beau » (David Hockney/2022).

 

- « La perspective, c’est uneinvention européenne. Dans lesarts chinois et japonais, il n’y en a pas. On entre
immédiatement dans le paysage »
(David Hockney/dans "Le Monde"/2017).

 

- « J’ai toujours joué avec la perspective, car j’ai toujours su qu’il y avait un problème. […] elle ne fonctionne pas pour représenter ce qui est proche » (David Hockney/dans "Libération"/2017).

 

- « J'ai toujours trouvé le monde très beau, en le regardant. Simplement en le regardant. Et c'est une chose important que je partage avec Vincent van Gogh : nous aimons tous les deux vraiment, vraiment regarder le monde" (David Hockney).

 

Au "Musée des Beaux-Arts" du "CAP" ("Culture, Art & Patrimoine"), à Mons, déployée en six sections & ponctuée d’éléments sonores & visuels, l'exposition "David Hockney. Le Chant de la Terre", accessible jusqu'au dimanche 25 janvier, mêle peinture, musique & poésie, en écho à la symphonie "Le Chant de la Terre", composée par le chef d'orchestre autrichien Gustav Mahler (1860-1911).

 

 

Nous y découvrons un ensemble exceptionnel de peintures de l’artiste britannique David Hockney (°Bradford/1937), dont certaines de format monumental, aux côtés de certaines de ses compositions réalisées sur "iPad". Ses créations dialoguent avec des œuvres des peintres belge Constantin Meunier (1831-1905), norvégien Edvard Munch (1863-1944) & néerlandais Vincent van Gogh (1853-1890), ainsi que du sculpteur français Auguste Rodin (1840-1917), aussi bien qu’avec une sélection de peintres symbolistes nordiques du tournant du XXe siècle, parmi lesquels le Finlandais Albert Edelfelt (1854-1905) & l’Estonien Konrad Mägi (1878-1925), tous ces artistes célébrant leur lien profond essentiel avec la terre & la nature.

 

 

Outre l'apport musical, cette présence d'oeuvres de différents artistes différencient complètement la présente exposition montoise des deux expos - « Œuvres de la Collection de la Tate, 1954-2017 » & « L’Arrivée du Printemps en Normandie »- organisées, en 2021-2022,à Bruxelles, au "Palais des Beaux-Arts" ("Bozar").

 

 

Dans le catalogue, Nicolas Martin, bourgmestre de Mons & Charlotte Dejaer, échevine de la Culture, écrivent : "Cette exposition est un hommage à la nature, chant de la terre, le rythme des saisons, en constante transformation, la terre qui nourrit, la terre qui accueille l'homme, qui le porte, la terre qui émerveille, mais qui répond à ses propres lois et à la puissance des éléments. L'exposition nous invite à nous interroger sur notre place sur terre, mais surtout à regarder la nature qui nous entoure, avec émerveillement et gratitude."

 

"Ses panoramas grandioses, aux couleurs vibrantes, enveloppent le spectateur et ravivent ainsi cette connexion essentielle entre l'homme et son environnement. Il le rappelle lui-même, avec force et lucidité : 'Comme des idiots, nous avons perdu notre lien avec la nature, alors même que nous en faisons pleinement partie ...' "

 

 

De son côté Xavier Roland, le conservateur, écrit : "David Hockney renouvelle profondément la langue du paysagisme, que l'on croyait épuisée depuis le siècle dernier. En réactivant le lien entre le corps et le monde, il propose une expérience sensible, immédiate, sous tendue par de nouvelles fondations."

 

"Tout a changé depuis Monet et les impressionnistes. Il faut cependant reconnaître l'importance d'un moment charnière avec Van Gogh et Munch, qui ont tous en commun d'être intimement reliés et imprégnés par la nature. Hockney ne les ignore pas, bien au contraire. Il revient à ces figures tutélaires, mais avec un siècle d'histoire entre eux et lui."

 

Concernant ses tableaux réalisés en "iPad", notons ce que David Hockney déclara : « Je n’ai pas cessé de peindre ou de dessiner, j’ai simplement ajouté un autre médium. »

 

 

Notons la présence d'une salle carrée, qui nous offre un effet immersif saisissant, des images filmées de la nature durant les quatre saisons - réalisées par neuf caméras numériques, dans les bois de Woldgate (East Yorkshire) -, chaque saison étant projetée sur l'un des quatre murs.

 

Comme Vincent van Gogh, David Hockney a peint de nombreux pots de fleurs, au "CAP", une salle est dédiée à ces derniers, une oeuvre monumentale du peintre britannique s'étant représenter, assis dans un fauteuil, tant à gauche qu'à droite, regardant un mur décoré d'un accrochage de vingt de ses compositions florales.

 

Soulignons encore que la commissaire, Isabelle Cahn, conservatrice générale honoraire du "Musée d’Orsay", à Paris, qui nous propose un parcours polyphonique, grâce à la douceur de la 9e symphonie de Gustav Mahler (1860-1911) : "Le Chant de la Terre" (1907-1908), des extraits de poèmes étant écrits dans les différentes salles, tel cet extrait : « Le soleil disparaît derrière les montagnes. Dans toutes les vallées, le soir descend. Avec ses ombres qui sont pleines de fraîcheur » (chant VI, "Der Abschied" {"L’Adieu"}), d’après le poète chinois Meng Haoran (décédé en l'an 740 de notre ère).

 

Ou encore : "La Terre bien aimée partout / Fleurit au printemps et verdoie au printemps / Partout, éternellement, l'horizon lumineux sera bleu / Eternellement, éternellement ...", Gustav Mahler ayant écrit : "Une trace de cet infini, qui est dans la Nature, doit se retrouver dans chaque oeuvre d'art, comme un reflet."

 

 

Fait membre de l’ « Ordre du Mérite britannique », en 2012, David Hockney remporta, notamment, en 1984, le  « Prix Kodak du Livre de Photographies » pour son ouvrage « Cameraworks », ainsi qu’en 1997, le « Prix culturel de la Société allemande de Photographie ».

 

Pour l’anecdote, notons qu'en 1957, David Hockney  vendit – à la « Leeds Art Gallery » – son premier tableau, un  portrait de son père, pour seulement … 10 livres (11€95).

 

 

Catalogue (C. Dumoulin, J. Frémon, T. Gott, L. Gutman, I. Reinhardt, X. Roland & A. Stoll Knecht/Editions "Artha Art & Heritage Books"/cartonné/224 p./230 x 280 mm/160 illustrations : 39€ (45€, en librairie).

 

A noter que, inclus dans le prix d'entrée, prenant place dans la"Salle aux Piliers", soulignons la présence de l'exposition "Voyages d'un Geste", de l'artiste belge Kevin Douillez (°Binche/1990), qui expose à Mons, après l'avoir fait à Los Angeles, Madrid & Singapour, lui qui a construit, depuis plusieurs années, un récit cohérent, en dialogue avec la matière.

 

Ouverture : jusqu'au dimanche 25 janvier, du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Prix d'entrée : 16€ (12€, en tarif réduit / 0€, pour les moins de 12 ans & les détenteurs du "museumPASSmusées"). Contacts : 065/33.55.80 & info.tourisme@ville.mons.be. Site web : https://musees-expos.mons.be/fr/agenda/david-hockney-le-chant-de-la-terre u=198ffef8152a47c6a512a549fd313de9.

 

Prochaines expositions temporaires :

 

- "Nuances de Rouges. Les Artistes et l’Utopie communiste en Belgique", du samedi 11 avril jusqu'au dimanche 16 août.

 

- "Marc Chagall. Artiste et Artisan", du samedi 10 octobre 2025 jusqu'au dimanche 14 février 2026.

 

Yves Calbert.

 

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