45è "Antica Namur Fine Art Fair", jusqu'au 27 Novembre

écrit par YvesCalbert
le 20/11/2022

« Le salon ‘Antica’ a lancé toute ses invitations aux collectioneurs et collectioneuses de belles choses, à tous les épris des arts intemporels, à tous les amateurs et amatrices de l’élégance, à tous les amoureux des lignes pures ou des courbes sophistiquées, des pierres brutes ou des fines marqueteries, à toutes les amoureuses des fers forgés ou des nielles ciselés, des estampes asiatiques ou des marines tourmentées. »

« Il les a lancées aux curieux de la province comme à ceux des quatre coins du pays, aux marchands de Coblence  ou de Paris, aux chineurs de la Gueldre ou de Zélande, aux brocanteurs du Sussex et aux antiquaires de la  Riviera et de tout le pourtour méditerranéen », écrit Denis Mathengouverneur de la Province de Namuren édito du carnet « Fair Guide » (« Guide de la Foire »/54 pages), disponible gratuitement à l’accueil.

Quant à Diane Kervyn de Volkaersbeke, directrice d’ « Antica Namur Fine Art Fair », elle nous confie : « En 45 ans, plus de 1.250.000 visiteurs sont passés par la Foire namuroise, enchantés par les merveilleuses découvertes de ses exposants passionnés. Une fois de plus ‘Antica Namur’ guidera tout le monde dans un fabuleux voyage au coeur du ‘sublime’, sous toutes ses formes. »

Fondée en 1977, nous offrant la présence de 113 galeries, en provenance de six pays« Antica Namur », innove cette année – au sein d’une Ville classéepar la « Fédération Agoria », au premier rang des « smart cities »  wallonnes -, en étant la première Foire d’Art belge à nous proposer, gratuitementun parcours digital autour d’un  choix de pièces d’exception, cette Foire d’Art namuroise étant organisée dans la quartier de Salzinnes, sur une  superficie de 10.000 m2, au sein des locaux de « Namur Expo ».

À l’aide d’un plan disponible à l’entrée et muni de son smartphone, le visiteur pourra déambuler dans la Foire à la recherche des « QR Codes » présents en dessous des pièces remarquables de cette 45è édition, une vingtaine de pièces étant épinglées. Détails historiques, techniques ou anecdotes, sont à lire ou à écouter sans modération.

Dans ce même esprit d’innovation« Antica Namur » est, aussi, la première Foire d’Art à proposer à ses visiteurs de pouvoir entammer une collection d’art digital, grâce à :

** H06 : « Artts », qui nous permet de découvrir, sur un grand écran, des détails, en tout gros plan, de « La dame au pantin », de Félicien Rops, l’achat de ce contenu digital offrant quelques avantages, comme une visite du Château de Tozée, où vécu ce célèbre peintre namurois, commentée par Véronique Carpiaux, la conservatrice du « Musée provincial Féicien Rops », que l’on retrouve aux commentaires d’une capsule vidéo d’une quinzaine de minutes, également offerte aux acheteurs de cette oeuvre digitale, François Toussaint, CEO d’ « Artts », nous confiant : « depuis le début de ce projet, 80% des revenus de nos ventes sont reversés à ce Musée, afin de participer au financement de sa prochaine extension. » Pour plus de renseignements, n’hésitons pas à le contacter : francois@artts.net ou 0479/51.08.73.

De même, nous pouvons voir un contenu digital valorisant, avec de tout gros plans, des détails de cases d’une bande dessinée, de Didier Comès, éditée par « Casterman », deux planches originales étant exposées, les acheteurs recevant une capsule vidéo, par laquelle François Schuiten présente l’oeuvre de Didier Comès.

Remontons maintenant le temps, pour nous retrouver à l’époque de la dynastie chinoise Tang (618-907), avec :

12 figurines funéraires en terre cuite © « Ming-k’i Gallery »

Un duo de « lokapālas » © « Ming-k’i Gallery »

** E13 : « Ming-k’i Gallery », qui nous présente une série de 12 figurines funéraires en terre cuite, avec corps humains et têtes d’animaux, selon les signes du zodiaque chinois, les couleurs étant posées après la première cuisson. A la gauche de cet ensemble, nous trouvons, d’une taille nettement plus imposante, un duo de « lokapālas », gardiens de tombes, alors que cette galerie nous propose, également, un homme « sonriante » au visage souriant (450-750), de l’Etat de Verra Cruz, au Mexique, ainsi qu’un bijou ayant la forme d’un insecte anthromorphe, de la culture Quimbaya (450-750), en provenance de la Vallée du Rio Cauca, en Colombie.

** G05 : « Farmate Asian Arte Gallery », nous emmène, notamment, en Thaïlande, avec un « Torse de Boudha », datant de l’ancien Royaume d’Ayutthaya (1350-1767), ainsi qu’au Myanmar, un Bouddha assis (XVIIIè siècle), en position de prise de la terre à témoin.

Retour en France, avec de superbes pièces historiques des XVIIIè et XIXè siècles :

** G13 : « Art et Patrimoine Laurence Lenne », qui nous propose un service en porcelaine de Sèvres (1857), offert par l’impérarice Eugénie à la duchesse de Cambacérès, décoré d’une vue du château, aujourd’hui détruit, de Villeneuve-L’Etang. Nettement plus imposant, à l’entrée de ce stand, nous découvrons la psyché de Mademoiselle Mars, un meuble-objet, en bois d’amarante blond, incluant un miroir ovale d’une hauteur d’ 1m20, deux ornements en cuivre doré étant, chacun, surmonté d’une statuette en bronze, Mademoiselle Mars ayant été la 210è sociétaire de la « Comédie française », amie de Napoléon 1er Bonaparte, répondant au nom d’Anne-Françoise-Hyppolite Boutet de Monvel.

** G16 : « Gallery de Potter d’Indoye », qui présente, à l’avant de son stand, une superbe horloge, de l’époque du consulat (1799-1804), créée aux grands risques d’un artisan, cette pièce en bronze ciselé ayant été plongée dans un bain de mercure, pemettant à de l’or 18 carats de s’aglomérer et de rester sur ce bronze, ce qui constituait un progrès par rapport à l’ancienne utilisation de feuilles d’or, le sujet scullpté relevant de la mythologie grecque : épisode où Jupiter foudroie Phaéton, qui veut vérifier s’il est bien le fils du soleil. Socle en marbre de carrare.

** F18 : « De Leye Bernard/Lemaire Jean », qui, devant des plats en porcelaine de Tournai (présente jusqu’au XVIIIè siècle), nous propose un imposant samovar en argent, aux poinçons de Bruges (1752), un des deux seuls
exemplaires aux poinçons de Bruges actuellement connu et répertorié.

Côté contemporain, de fort jolies sculptures sont à découvrir autour du restaurant gastronomique :

** C09 : « Art Thema-Septentrion », deux galeries travaillant conjointement, l’une à Bruxelles et l’autre à Marcq-en-Baroeul, nous présentent les créations de trois artistes : Miramontes, avec une femme pagayant sur une pirogue ; Sophie Berger, ses éléphants (« Bembeleza »,un animal adulte chatouillant un éléphanteau avec sa trompe, « Le préféré des deux », ...), ses ours (« Pêche aux Kamchatkas », …), ses girafes (« Les 5 Demoiselles ») ; ainsi que Béatrice Cols, ses fillettes, d’une grande fraîcheur et d’une grande finesse (« Rêve éveillé », « Petite Pause », « Duetto 1 », …).

** C01 : « Cafmeyer Gallery » nous propose, entre autres, les créations de Daniel Pessel (« Le Taxi de Felix », « La Calèche de René », …) et Jesus Curia (des sculptures en bronze, avec des hauts de corps humains bleutés, …)

Retour dans la partie centrale d’ « Antica Namur » avec différents travaux du XIXè a XXIè siècle :

** H23 : « Gery Art Gallery », un galeriste namurois, accueille les travaux de Bilal Bahir (°Bagdad/1988) – diplômé en  sculpture de l’ « Institut des Beaux-Arts de Bagdad » –, lui qui, réfugié irakien, travaille à Namur, depuis 2010, où il poursuivit ses  études à l’ « Académie des Beaux-Arts ». Ses oeuvres explorent la question des origines, des racines, un thème lié à son histoire personnelle, évoquant son exil de l’Iraq et le déracinement de ses valeurs culturelles et familiales. En découvrant son travail nous retrouvons des traces des contes de l’Orient, avec une dimension politique et surréaliste.

Présence aussi, chez « Gery Art Gallery », d’un faux billet de 10 pounds, réalisé, en 2004, par « Banksy », un artiste urbain éputé, dont le nom réel est inconnu. Notons qu’il dispersa ces billets, en nombre, lors du carnaval de Notting Hil, ayant remplacé le visage de la Reine Elisabeth par celui de la Princesse Lady Diana, la mention « Banksy of England » remplaçant « Bank of England ».

** G23 : « Manuscripta » nous permet de découvrir deux autres créations de Bilal Bahir, au sein d’un stand mit en valeur par une « Bianca Castafiore » de grand format, mettant « Hergé » (George Remi) à l’honneur, au mileu d’autres dessins, souvent dédicacés, de Marc Chagall, Salavatore Dali, « Derib » (Claude de Ribaupierre), Philippe Francq, André Franquin, Bob Kane (Robert Kane, créateur de « Batman »), Karl Lagerfeld, « Moebius » (Jean Giraud), Hugo Pratt, Yves Saint-Laurent, Albert Uderzo, François Walthéry, sans oublier un extrait de chanson autographe inédite de Serge Gainsbourg, une photo dédicacée de Sophia Loren, et des agrandissements photogaphiques de « Che Guevara » (Ernesto Guevara), Pablo Picasso ou Andy Warhol.

** G12 : « Leonhard’s Gallery », qui, outre des oeuvres du sculpteur espagnol Carlos Mata, nous propose deux exceptionnelles photographies de l’artiste britannique David Yarrow : un panoramique sur un rassemblement d’animaux à cornes, en Afrique (134 x 300 cm) et un gros plan du visage d’un gorille (132 x 167 cm).

** E11 : « NF Art Gallery », parmi une présentation de nombeux tableaux, nous présente « Dernier lieu de pêche » (1994) de Pierre Alechinsky, « René Druet au violon » (1910), de Theo Van Rysselberghe, « La comédie des erreurs » (1991), de Marcel Marien, ou encore « Ceci n’est pas une pipe » (1991), de Pol Bury.

** D06 : « Dus’Art Gallery-AC Simon », de Landelle-Andenne, nous présente, entre autres, plusieurs oeuvres de  Paul Delvaux, Félicien Rops et Armand Rassenfosse.

… Et puisque nous venons d’évoquer Félicien Rops, soulignons que nous trouvons six autres de ses oeuvres au stand :

** I04 : « Musées namurois », qui -dans une superbe  scénographie, avec le soutien de la « Fondation Roi Baudouin »  et du « Fonds Pierre François Tilmon » – nous permet de (re)découvrir le « Musée provincial Félicien Rops » (lauréat, sur  un plan national, du « Prix du Musée », en 2008 et en 2014), qui attire notre attention, à l’entrée de ce stand, avec les six oeuvres déjà citées, mais aussi le « TreM.a » (« Musée provincial des Arts anciens du Namurois »/sis dans une résidence patricienne, du XVIIIè siècle, l’« Hôtel particulier de Gaiffier d’Hestroy »/ abritant le trésor d’orfèvrerie d’Hugo d’Oignies), le « Musée diocésain », ainsi que deux musées actuellement fermés au public, pour cause de rénovations : le « MusAfrica » et le « Musée Archéologique », ce dernier étant inclus au sein du « Pôle muséal des  Bateliers », qui inclut, également, le « Musée des Arts décoratifs », installé dans l’écrin de l’ « Hôtel particulier des Comtes de Groesbeeck et des Marquis de Croix », édifice du XVIIIè siècle, classé au « Patrimoine exceptionnel de Wallonie », au sein duquel des scènes de plusieurs longs-métrages furent tournées.

Le conservateur, Fabrice Giot, attira notre attention sur la présence de six jolies petites tabatières des XVIIIè et XIXè siècles, la « Fondation Foi Baudoin » venant d’offrir, en dépôtau « Musée des Arts décoratifs », pas moins qu’une quarantaine de ces tabatières, alors que ce Musée communal récupérera, début décembre, après restauration, un intéressant tableau des échasseurs namurois d’autrefois, nous rappelant que, le 16 décembre 2021les « Joutes sur Echasses de Namur » furent inscrites sur la liste représentative du « Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO ».

Lors de l’inauguration de ce stand des « Musées namurois »le jeudi 17 novembre, à 18h30, le gouverneur de la Province de Namur, Denis Matten, salua la présence de la Princesse Léa de Belgiquedes Prince et  Princesse  de Chimay, ainsi que d’une trentaine d’ambassadeurs et de consulssoulignant à quel point « cette Foire d’Art fait rayonner Namur » (dixit Denis Matten).

Profitant d’une journée à Namur« Antica Namur », n’ouvrant, en semaine, qu’à partir de 13h, nous pouvons, dès 10h, visiter l’une des expositions proposées par deux de ces musées :

- « Les Portes d’Or, Charles Doudelet (1861-1931) et le Symbolisme » (accessible jusqu’au dimanche 05 mars 2023) , au « Musée provincial Félicien Rops ».

- « Pictoresque, un Voyage lithographique et intimiste dans le Namurois » (jusqu’au dimanche 29 janvier 2023), au « TreM.a ».

… Mais revenons à « Antica Namur », où, au sein du lounge de la banque « Degroof Petecam », une intéressante conférence est programmée :

- « Femmes Rothschild : collectionneuses, mécènes et donatrices de l’ombre »par Fanny Moensconservatrice de « La Boverie »à Liègece vendredi 25 novembre, à 15h, à « Antica-Namur », cette superbe exposition étant ouverte, à Liègejusqu’au dimanche 26 février 2023.

Notons enfin les présences, au sein de cet écrin festif et convivial namurois, d’un bar à champagne « Pommery », d’un « Café des Arts » et d’un restaurant gastronomique.

Ouverture : en novembre, ces samedi 19 & 26 et ces dimanches 20 & 27, de 11h à 19h, du lundi 21 au vendredi 25, de 13h à 19h. Prix d’accès : 25€, en ligne (0€, pour les moins de 18 ans & les étudiants). Guide de la Foire  (broché/54 p.) : offert aux visiteurs. Remarque : animaux interdits sur de site. Contacts : 081/32.19.28  &  antica@fairtime.be. Site web & Achats des entrées : www.antica.be.

A noter l’organisation d’ « Antica Brussels Fine Art Fair »sur le site de « Tour & Taxis »du mercredi 19 jusqu’au dimanche 23 avril 2023.

Yves Calbert.

 

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