"La Boverie 10 Ans. Les Coulisses d’une Collection", à Liège, jusqu'au 23 Août

61 expositions temporaires organisées ;
Plus de 1 300 000 visiteurs ;
Jusqu’à 150 000 visiteurs pour l’exposition temporaire « 21, rue La Boétie » ;
Jusqu’à 3 000 tickets délivrés en un jour ;
Jusqu’à 20 événements organisés par mois ;
41 000 œuvres dans les collections permanentes (5 500 peintures, 800 sculptures, 35 000 dessins & estampes) ;
Plus de 2 000 œuvres acquises en dix ans.
"Dix ans se sont écoulés depuis la réouverture du 'Musée des Beaux-Arts' de Liège, 'La Boverie', … Dix ans d’expositions temporaires, mais, également, dix ans de déclinaisons d’œuvres permanentes, acquises au gré du temps, balayant les siècles et les courants artistiques, d’ici ou d’ailleurs ... Encore longue vie à 'La Boverie', dont les dix ans doivent être le prétexte de réaffirmer l’importance du patrimoine culturel ... Alors, 'Ensemble, semons la Culture !' » (Élisabeth Fraipont, échevine de la Culture, de la Lecture publique et du Devoir de mémoire).
Réouvert au public, depuis le 05 mai 2016, le "Musée des Beaux Arts" - principalement nommé, depuis dix ans, "La Boverie" - occupe les bâtiments du "Palais des Beaux-Arts" - œuvre néo-classique des architectes belges Charles Étienne Soubre (1846-1915) & Jean-Laurent Hasse (1849-1925) -, édifié pour l'"Exposition universelle" , en 1905, au sein du Parc de la Boverie. A l’occasion du dixième anniversaire de cette réouverture, la Ville de Liège consacre, jusqu'au dimanche 23 août, une exposition d’envergure à la richesse de ses collections.
Son parcours débute au sein d'espaces, rarement accessibles au public, dans les réserves du musée, cœur battant de l’institution, où sont conservées jusqu’à 90 % des œuvres des collections permanentes et où s’effectue la majeure partie du travail de conservation, d’inventaire et de recherche.
Cette importante exposition temporaire nous propose une immersion au cœur des collections permanentes et du fonctionnement du Musée. Quelques 300 œuvres nous sont présentées dans la "galerie haute", où l'on nous invite à passer de l’ombre à la lumière, découvrant les coulisses de l’institution, selon deux axes complémentaires, étroitement liés : la redécouverte des collections et les modes de fonctionnement du Musée.
Si les œuvres majeures nous sont, bien sûr, présentées, nous découvrons nombre de pièces méconnues ou rarement exposées. Parmi les oeuvres qui nous proposées, notons celles d'Eugène Boudin, Émile Claus, Kees Van Dongen, James Ensor, "Hergé" (Georges Remi), René Magritte, Henri Matisse, Pablo Picasso, Auguste Rodin ou encore Vincent van Gogh.
Passant des réserves à la lumière des cimaises, ces œuvres nous sont, progressivement, dévoilées à travers un parcours consacré aux métiers du Musée et à ses différents champs d’activité. Elles permettent d’aborder le fonctionnement de l’institution, tout en explorant les enjeux liés au monde de l’art.
Confirmant l'intitulé de l'exposition, "La Boverie 10 Ans. Les Coulisses d’une Collection", différentes sections de l’exposition abordent, successivement, la restauration, les études physicochimiques, la conservation en réserves, la constitution des collections et le rôle des conservateurs, la recherche et ses découvertes, les collaborations et partenariats, ainsi que la médiation des publics, le tout constituant "Les Coulisses d'une Collection".
C'est dans le jardin, sis dans la verrière de "La Boverie" que se termine notre parcours, découvrant de nombreuses scultures, aux médiums diversifiés, témoignant de la création artistique, de la Renaissance jusqu'à nos jours
*** L'apport scientifique :
Vérification de l'état des œuvres, dans les réserves muséales © "La Boverie"
Notons que des éclairages d’œuvres et des anecdotes ponctuent notre visite. Ainsi, lors de la restauration, en 1995, d'un tableau, du XVIIe siècle, dû à Pieter Claesz (vers 1596-1660), un spécialiste des natures-mortes, il y eut une découverte inattendue : un homard rouge et un bouquet de persil, posés sur un plat en étain, visibles jusque-là, s’avèrèrent être des ajouts tardifs. La suppression de ce « repeint de goût » permit de laisser place à quelques modestes olives, marquant une sobriété renforcée et plus fidèle à l’esthétique épurée de cette œuvre.
Peindre plusieurs compositions sur une même toile était assez fréquent, pour des raisons pratiques, économiques, artistiques, voire, parfois affectives. Ainsi, les analyses de "La Violoniste" (vers 1922), de Kees Van Dongen (Cornelis Theodorus Maria van Dongen/1877-1968) ont permis une étonnante découverte, l’infra-rouge ayant révélé un portrait de femme dissimulé sous la peinture visible.
De fait, depuis une dizaine d’années, le "CEA" ("Centre Européen d’Archéométrie") de l' "ULiège" collabore, étroitement, avec "La Boverie", afin d'en étudier les collections. Ainsi, l’archéométrie combine l’archéologie, l’histoire de l’art et les sciences exactes, telles que la biologie, la chimie & la physique, pour mieux comprendre les matériaux et les techniques employés par les artistes, ces analyses permettant, notamment, d’authentifier et de dater les œuvres, d’en comprendre les techniques de création et de les situer dans leur contexte. Elles apportent, également, des informations précieuses sur leur état de conservation et les phénomènes de dégradation.
*** Un peu d'histoire :
La formation des collections, à l'origine de "Musée des Beaux-Arts" remonte au XVIIIe siècle, sous l’impulsion de collectionneurs privés. Ainsi, le chanoine liégeois Henri Hamal (1744-1820) qui offrit à la Ville de Liège plus de 8 000 dessins et gravures, en grande partie rassemblés à Rome, dans le but de servir de modèles, pour l’ "Académie des Beaux-Arts", cet ensemble constituant la base de la Collection du "Cabinet des Estampes & des Dessins", créé en
1952. En 1819, Louis-Pierre Saint-Martin (1753-1819) légua, à son décès, plus de 50 tableaux, formant le noyau des Collections permanentes du "Musée des Beaux-Arts", devenu, il y a dix ans, "La Boverie".
Au XIXe siècle, les Collections permanentes continuèrent à s'enrichir, notamment, en 1887, grâce à Léopold Donnay , qui offrit près de 300 œuvres, dont 9 tableaux du peintre français Eugène Boudin (1824-1898), considéré comme étant le "père de l'impressionnisme". Vint ensuite, Eugène Dumont, qui, en 1900, fit don de 39 tableaux, dont "Le Bassin du Commerce au Havre", de Claude Monet, Charles-Joseph Horion cédant, de son côt près de 600 gravures anciennes.
En 1938, achat régulier, par le Musée, d’œuvres modernes d’artistes français, plus spécifiquement de l’ "École de Paris". L'année suivante, participant à la "Vente de Lucerne", une délégation liégeoise choisit d’acquérir plusieurs œuvres majeures, faisant face à la mise au ban de l’art moderne par le régime nazi, ces acquisitions témoignant d’un engagement en faveur de la création artistique et occupant, aujourd’hui, une place centrale dans les collections permanentes.
La Ville de Liège hérite, en 1959, de 800 dessins de la Renaissance, provenant de l’atelier de Lambert Lombard, complétés, en 2000, par l’ "Album de Clérembault", un dépôt de la "Fondation Roi Baudouin". En 1974, les collections d’art wallon s’enrichissent, grâce aux donations de Désiré Jaumain et d'Ada Jobart, incluant des oeuvres de James Ensor (1860-1949), Antoine Wiertz (1806-1865) & Rik Wouters (Hendrik Wouters/1882-1916)
Depuis lors, l’enrichissement des Collections permanentes continue, constituant une mission essentielle du Musée. Il repose sur des acquisitions, dépôts, dons & legs répondant à une réflexion scientifique, visant à compléter et à
structurer les ensembles existants, en vue de constituer un patrimoine cohérent pour les générations futures.
*** Quelques anciennes Expositions temporaires :
Parmi les expositions temporaires, citons « Doisneau. Instants donnés » (31/10/2025-03/05/2026), « Les Mondes de Paul Delvaux » (04/10/2024-16/03/2025), « Inside Magritte » (05/11/2021-18/04/2022), "Warhol. The American Dream Factory" (04/02-18/04/2021), "Les Royaumes de la Mer-Europalia Indonesia" (25/10/ 2017-21/01/2018), ou encore "21 rue La Boétie" (22/09/2016 -29/01/2017).
*** Infos pratiques :
Ouverture : jusqu'au dimanche 23 août, du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Prix d'entrée : 12€ (8€, dès 60 ans, pour les Personnes à Mobilité Réduites & par membre d'un groupe de minimum 15 personnes / 1€25, pour les "Art. 27" / 0€, pour les moins de 26 ans, chaque accompagnant.e d'une P.M.R. & les détenteurs d'un "museumPASSmusées"). Réservations en ligne : https://www.laboverie.com/billetterie. Transports en commun : au pied de la passerelle "La Belle Liègeoise", arrêt "Petit Paradis" du métro, au départ de la "Gare des Guillemins" (à un seul arrêt) ou du Centre Ville. Contacts : 04/238.55.01 (uniquement pendant les heures d'ouverture) & info@laboverie.com. Site web : https://www.laboverie.com/.
*** Autres expos liégeoises :
* "Hugo Pratt. Géographies imaginaires", une expo exceptionnelle consacrée au créateur de "Corto Maltese", prolongée jusqu'au dimanche 04 octobre /"Le Cadran", rue de Bruxelles, 06 / https://lecadran-expo.be/.
* "Japonisme et Art nouveau", à l'occasion du bicentenaire des "Cristalleries du Val Saint-Lambert", jusqu'au dimanche 27 septembre /"Grand Curtius", Féronstrée, 136 / https://www.grandcurtius.be/fr/actualites/exposition/japonisme-et-art-no....
* "Playmobilité", nous présentant des dioramas "Playmobil", jusqu'au dimanche 13 septembre /"Musée des Transports en Commun", rue Richard Heintz, 09 / https://www.musee-transports.be/.
Si nous visitons l'une des deux dernières expositions citées, conservons nos tickets d'entrée, qui nous offriront une réduction de 2€ par ticket, pour l'accès à "La Boverie".
*** Prochaine exposition à "La Boverie' :
"L'Impressionisme, une Histoire belge", par "Tempora", du vendredi 09 octobre 2026 jusqu'au lundi 29 mars 2027.
Yves Calbert.









