Le Maitre du Mont Xin. Roman de Gerard Adam

écrit par VandenHende
le 01/11/2022

Deux femmes gravissent les pentes du Mont Xîn, où, au XIIe siècle, un couple d’amants philosophes a institué un rite faisant de l’érotisme une voie spirituelle. L’une est novice dans un monastère qui le perpétue sous la houlette d’un Maître vivant en solitaire dans son ermitage. L’autre, Soyindâ, est à chaque étape assaillie par les souvenirs. Enfant « naturelle », pauvre, solitaire, ostracisée, elle a découvert la danse interdite aux femmes en imitant des animaux, le vent dans les branches, les remous du lac… Elle a fugué, est devenue danseuse dans un faux temple voué aux ébats de riches débauchés, s’est faite moniale pour suivre son amie d’enfance, puis, défroquée, s’est lancée dans une brillante carrière de danseuse. Avant de se retirer dans l’anonymat, elle vient saluer une dernière fois le vieux Maître dont les jours sont comptés.

Roman d’aventure, de quête intérieure et de réflexion. Sur l’art, l’authenticité et ses dévoiements, la sexualité humaine, la spiritualité, l’emprise délétère des religions et des systèmes de pensée, l’inévitable sclérose de toute institution, la relativité de toute morale…

L’auteur

Ex-médecin militaire, engagé à plusieurs reprises sur les terrains « humanitaires » (Opération Kolwezi, Bosnie-Herzégovine), écrivain, éditeur et traducteur, Gérard Adam est l’auteur d’une vingtaine de romans, récits et recueils de nouvelles, dont « L’Arbre blanc dans la Forêt noire » (prix NCR-AT&T), « La Lumière de l’Archange » (finaliste du Prix Rossel), « Le Saint et l’Autoroute » (finaliste du Prix littéraire du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles), « De l’existence de dieu(x) dans le tram 56 » (Prix Emma Martin). Il a été finaliste à deux reprises du prix de la nouvelle Radio-France Internationale.

Extrait

La danse l’a saisie un matin d’été, pour autant qu’il y ait des saisons à Bâ-tan, vallée des Cinq Printemps. Le nez dans l’herbe de la rive, elle a débusqué un grillon qui, percevant l’intruse, réintègre son trou. Elle reste sans bouger, souffle en suspens. Deux antennes pointent. La tête émerge, puis le corps. La petite bête fait volte-face, présente un croupion qu’elle se met à tortiller. La fillette retient son fou rire. Deux élytres alors se déploient, le cri-cri emplit l’air chargé de senteurs âcres. Traversée d’une joie fulgurante, l’enfant se redresse pour, frénétique, piétiner l’herbe, dandinant son popotin, faisant voleter sa jupette, mimant des lèvres et de la langue. Tellement à son jeu qu’elle ne voit pas s’approcher Korâkh, le petit-neveu de Sathô. Elle revient à elle en entendant ses quolibets, Hou l’ardiyâ, hou la gourgandine ! Il la singe à dix pas, les yeux dardés. Puis il fait mine de baisser sa culotte. Elle se met à hurler. On accourt. Le garnement s’enfuit. Elle en retient que reproduire l’activité d’un insecte est source d’un bonheur répréhensible. Elle ignore avoir dansé, la langue de Bâ-tan ne connaît pas ce terme et l’unique spectacle qui en tient lieu, le nan-gô, est réservé aux mâles.

Editions M.E.O.

624 pages

29,00 EUR

ISBN : 978-2-8070-0350-7 (livre) – 978-2-8070-0351-4 (PDF) – 978-2-8070-0352-1 (EPUB)

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Portrait de VandenHende
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