Le Cinéma belge francophone au 74è « Festival de Cannes », du 06 au 17 Juillet

écrit par YvesCalbert
le 14/06/2021

Du mardi 06 jusqu’au samedi 17 juillet, le Cinéma belge, de la « Fédération Wallonie-Bruxelles », sera fort bien représenté au 74è « Festival de Cannes », avec dix films, dont cinq en co-productions :

* Cinq films belges francophones en sélection :

*** « Les Intranquilles » (Joachim Lafosse), en Compétition officielle

Synopsis : « Leïla et Damien s’aiment profondément. Malgré sa bipolarité, il tente de poursuivre sa vie avec elle sachant qu’il ne pourra peut-être jamais lui offrir ce qu’elle désire... »

*** « Un monde » (Laura Wandel), en Sélection officielle pour la section « Un certain Regard » 

Synopsis : « Nora entre en primaire lorsqu’elle est confrontée au harcèlement dont son grand frère Abel est victime. Tiraillée entre son père qui l’incite à réagir, son besoin de s’intégrer et son frère qui lui demande de garder le silence, Nora se trouve prise dans un terrible conflit de loyauté. Une plongée immersive, à hauteur d’enfant, dans le monde de l’école... »

*** « Mon Légionnaire » (Rachel Lang), film de clôture de la « Quinzaine des Réalsateurs »

Synopsis « Ils viennent de partout, ils ont désormais une chose en commun : la 'Légion Étrangère', leur nouvelle famille. 'Mon Légionnaire' raconte leurs histoires : celle de ces femmes qui luttent pour garder leur amour bien vivant, celle de ces hommes qui partent au combat, celle de ces couples qui se construisent en territoire hostile... »

*** « Rien à foutre » (Julie Lecoustre & Emmanuel Marre/avec Adèle Exarchopoulos), à la Semaine de la Critique

Synospsis : « Cassandre, 26 ans, est hôtesse de l’air dans une compagnie aérienne low cost. Comme pseudo Tinder, elle a choisi 'Carpe Diem'. Basée à Lanzarote, dans les Canaries, elle compense son rythme de travail harassant par une vie de plage, de fête et de défonce ; au jour le jour et sans lendemain. Elle rêve encore d’une vie grand format et se répète que tout peut s’arrêter à tout moment, alors ‘Rien à foutre’ … »

*** « Aya » (Simon Coulibaly Gillard), au programme de l’Association des Cinéastes « ACID »

Synopsis : « 'Aya' grandit avec sa mère sur l’île de Lahou. Joyeuse et insouciante, elle aime cueillir des noix de coco et dormir sur le sable. Pourtant, son paradis est voué à disparaitre sous les eaux. Alors que les vagues menacent sa maison, 'Aya' fait un choix : la mer peut bien monter, elle ne quittera pas son île... » 

* Cinq coproductions en sélection :

*** « Lingui, les Liens sacrés » (Mahamat Saleh Haroun), en Compétition officielle

Synopsis : « Dans les faubourgs de N’djaména au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de quinze ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte.Cette grossesse, l’adolescente n’en veut pas. Dans un pays où l’avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance… » 

*** « Titane » (Julia Ducournau/avec Vincent Lindon), en Compétition officielle

Synopsis : « Vincent retrouve son fils disparu il y a dix ans. Recueilli par des inspecteurs de la douane dans un aéroport, tous deux rentrent ensemble mais peu de temps après, des événements morbides se produisent… »

*** « La Civil  » (Teodora Mihai), en Sélection officielle pour la section « Un certain Regard » 

Synopsis : « La fille de Cielo est enlevée par un cartel local dans une petite ville du Mexique. Voyant son ex-mari adopter une attitude fataliste et les autorités n’offrir aucun soutien, elle entame sa propre enquête, ayant gagné la sympathie d’un lieutenant de l’armée... »

*** « Clara sola » (Nathalie Alvarez Mesen), à la « Quinzaine des Réalisateurs »

Synopsis : « Dans un village reculé du Costa Rica, Clara, une femme de 40 ans renfermée sur elle-même, entreprend de se libérer des conventions religieuses et sociales répressives qui ont dominé sa vie, la menant à un éveil sexuel et spirituel... »

*** « Brutalia » (Manolis Mavris), à la Semaine de la Critique

Synopsis« Des filles parf aitement identiques, en tenue militaire, qui se tuent au travail. Une famille matriarcale. Une société oligarchique. Que se passerait-il si nous remplacions les abeilles par des humains ? Anna, une abeille ouvrière, encore au stade de la formation, observe l’univers de la ruche dans laquelle elle vit. Elle s’efforce de comprendre les règles d’une société impitoyable et compétitive..." 

* Sociétés de production de Wallonie-Bruxelles au générique de plusieurs films en sélection cette année :

- "Belga Films" : "Benedetta" (Paul Verhoeven), en Compétition officielle

- "Gap Busters" : "Cette Musique ne joue pour Personne" (Samuel Benchetrit), dans la nouvelle section "Cannes  Première"  

- "Need Productions" : "Soy libre" (Laure Portier), au programme de l'Association des Cinéastes "ACID"

- "Panache Productions" : "Money Boys" (C.B. Yi ), pour la section "Un certain Regard"

- "Scope" : "Annette" (Leos Carax) & "Bergman Island" (Mia Hansen-Love), en Compétition officielle

- "Wrong Men" : "Annette" (Leos Carax), en Compétition officielle, & "The Sea Ahead" (Ely Dagher), à la "Quinzaine des Réalisateurs"

Notons encore que le réalisateur belgo-guatemaltèque César Díaz Ciutad de Guatemala/1978) fera partie des 15 cinéastes sélectionnés dans le cadre de l’ "Atelier de la Cinéfondation", avec son nouveau projet,"Fidelidad", qui racontera l'histoire d'un triangle amoureux entre deux meilleurs amis et la petite amie de l'un d'eux. Le tournage est prévu au Guatémala, à Solola, plusieurs scènes devant avoir pour cadre le lac Atitlán.

Ayant étudié à l' "ULB", puis à Paris, à l' "École nationale supérieure des Métiers de l'Image et du Son La Fémis", César Diaz reçut, pour son bouleversant premier long-métrage "Nuestras Madres" (Bel.-Guatémala/2019/ 78'), projeté en Première mondiale, en 2019, à Cannes, y remportant la "Caméra d'Or" de la "Semaine de la Critique", de même que le "Prix de la SACD", ce film étant le lauréat, la même année, du "Magritte du premier Film" et, décerné par l' "UCC", au "meilleur Film réalisé par un Cinéaste belge", du "Prix André Cavins".

Indéniablement, il s’agit d’une année historique pour le Cinéma de la "Fédération Wallonie-Bruxelles" avec une présence dans toutes les sections cannoises. Une sélection qui fait la part belle aux premiers films et qui souligne la diversité du Cinéma belge francophone et de ses talents, avec une parité quasi parfaite : quatre films réalisés par un homme, cinq par une femme et un par un duo homme/femme.

une parité quasi parfaite : quatre films réalisés par un homme, cinq par une femme et un par un duo homme/femme.

Ce mercredi 09 juin, au « Palace », à Bruxelles, lors d’une conférence de presse, en présence de la Ministre de la Culture, de la "Fédération Wallonie-Bruxelles", Bénédicte Linard, la directrice du « Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel », Jeanne Brunfaut, déclarait, radieuse : « On a un film dans chaque section. Ce n’était plus arrivé depuis treize ans », ce qui, mentalement mais pas financièrement, compense quelque peu l’attroce année vécue par tous les professionnels du Cinéma, avec un premier confinement total, puis une seconde fermeture des salles, longue de plus de sept mois, le « Festival de Cannes » n’ayant pas pû être organisé en 2020.

Lors des "questions-réponses" clôturant cette rencontre, plusieurs cinéastes dirent leur énorme souffrance, face à leur manque de moyens, pour réaliser leurs films. "Ce n'est plus possible ... Nous devons marquer le coup", entendit-on ! "Découvrir le Cinéma flamand est important. Nous devons nous soutenir entre Communautés, nous réinventer", fut un autre propos.

A cela, la Ministre répondit qu'un groupe de travail ce concernant avait été créé et qu'elle allait relancer une conférence interministérielle ayant la Culture pour sujet. Voilà qui est primordial, afin que le Cinéma puisse contiuer à nous faire rêver, ce qui est particulièrement important après ce que nous venons d'endurer.

Parmi les films francophones belges sélectionnés pour la compétition officielle, en 2021, évoquons « Les Intranquilles », le 9è long-métrage réalisé par Joachim LafosseUccle/1975), dont le film « A perdre la Raison » (Bel./2012/111′) fut le lauréat, en 2013, de quatre « Magritte du Cinéma », ceux « du meilleur Film », « du meilleur Réalisateur », « de la meilleure Actrice » (Emilie Dequenne) et « du meilleur Montage » (Sophie Vercruysse), ainsi qu’en 2012, de l’ « Ensor du meilleur Film en Coproduction », sans oublier, en 2013, le « Prix André Cavens », décerné par l’ « UCC » (« Union de la Critique de Cinéma »), pour la « meilleure Production ou Coproduction belge réalisée par un Cinéaste belge ».

A noter que ce réalisateur bruxellois reçut deux autres « Prix André Cavens », en 2007, pour « Nue Propriété » (Bel.-Fra.-Lux./2006/95′) et, en 2016, pour « L’Economie du Couple » (Fra.-Bel./2016/100′), ce dernier film fut, aussi, le lauréat, aux Etats-Unis, du « Grand-Prix du Jury », au « Philadelphia Film Festival ». N’oublions pas, non plus, ses deux « Bayard d’Or du meilleur Court-Métrage », au « FIFF » (« Festival International du Film Francophone », à Namur), en 2000, pour « Egoïste Nature » et en 2001, pour « Tribu ». A l’occasion de sa 4è participation à Cannes, Joachim Lafosse sera-t-il, également, récompensé, en 2021, pour « Les Intranquilles » ?

Soulignons que la Sélection officielle de cette 74è édition a été dévoilée ce jeudi 3 juin à la presse française et internationale, par Pierre Lescure, Président du "Festival de Cannes", et Thierry Frémaux, Délégué général. Après une année blanche, en raison de la situation sanitaire, Cannes retrouvera ses festivaliers avec, pour la première fois, une édition programmée au coeur de l’été, … qui sera le premier grand rendez-vous cinématographique international, organisé en présentiel depuis octobre 2020.

Le 74è « Festival de Cannes » étant lancé, puisse le soleil de la Côte d’Azur briller pour les films représentant la « Fédération Wallonie-Bruxelles ».

Yves Calbert.

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