« Cornelis Corte. Un Graveur hollandais à la Conquête de l’Italie », au « TreM.a », à Namur, jusqu’au 13 Septembre

Cet été, à Namur, le « TreM.a » (« Musée provincial des Arts anciens du Namurois ») nous invite, jusqu’au dimanche 13 septembre, à plonger dans l’univers captivant d’un virtuose de la gravure au XVIe siècle, grâce à son exposition temporaire : « Cornelis Cort. Un Graveur hollandais à la Conquête de l’Italie ».
Mais revenons à Namur & glissons nos pas dans ceux de l’artiste néerlandais Cornelis Cort (Cornelio Fiammingo, en Italie/1533-1578) & embarquons pour un voyage qui nous portera d’Hoorn, aux Pays-Bas, à Rome, en passant par Antwerpen, Florence & Venise. Admirons, jusque dans leurs plus minutieux détails, les oeuvres de celui qui fut célébré comme le plus grand graveur de sa génération, tant au Nord qu’au Sud des Alpes. De fait, si Cornelis Cort s’imposa sur la scène artistique anversoise, c’est, avant tout, en Italie qu’il déploya une activité remarquable, transposant dans le cuivre, avec une maîtrise inégalée, les créations des plus grands maîtres de la Haute Renaissance, parmi lesquels « Giulio Romano » (Giulio di Pietro di Filippo de Gianuzzi/vers 1492/1499-1546), « Le Titien » (Tiziano Vecellio/vers 1488/1490-1576) ou encore Maarten van Heemskerck/1498-1574).
À travers l’oeuvre emblématique de Cornelis Cort, appréhendons plus largement le rôle décisif joué à l’époque par la gravure dans la diffusion des images à l’échelle européenne, véritable révolution iconique, sans équivalent jusqu’à l’invention de la photographie plusieurs siècles plus tard.
Première à Namur, ce sont plus d’une cinquantaine d’œuvres du Maître qui sont exposées : des gravures - issues du fonds d’estampes du « Musée Wittert » (« Musée d’art de l’Université de Liège ») -, des imprimés, mais aussi l’un des rares dessins conservés de l’artiste. Une exposition monographique d’une telle envergure est sans précédent, depuis 1994, au « Museum Boijmans van Beuningen », à Rotterdam.
C’est à Antwerpen, dans l’atelier « Aux Quatre Vents », de Jérôme Cock et Volcxken Diericx, plaque tournante de l’édition d’estampes, que Cornelis Cort fit ses premières armes.
Dans cette même ville, il rencontra Dominique Lampson, un humaniste brugeois, avec lequel il collabora au « Pictorum aliquot celebrium Germaniae inferioris effigies », une galerie gravée des plus illustres peintres des anciens Pays-Bas. Infatigable passeur, Dominique Lampson offrit à Cornelis Cort l’accès aux réputés milieux artistiques italiens.
Séjournant une première fois, en 1565-1566, à Venise, Cornelis Cort collabora avec « Le Titien », ayant gravé plusieurs de ses célèbres compositions. C’est ainsi, sous son burin, que la peinture du maître vénitien trouva un équivalent graphique d’une remarquable subtilité.
Ensuite, de 1566 à 1569, il se rendit à Rome, y fréquentant Girolamo Muziano (vers 1532-1592), Federico Zuccaro (vers 1540-1609) & autres peintres renommés, ces artistes romains lui confiant leurs oeuvres les plus ambitieuses, conscients que son burin pourra restituer toute leur complexité plastique.
Lors de la visite de presse, Gaylen Vankan, conservateur en chef du « TreM.a », insista sur le fait qu’aucun graveur contemporain à Cornelis Cort ne put exploiter, avec une telle virtuosité, les ressources expressives de son burin, cet artiste ayant pu donner aux nuages toute leur légèreté, aux chairs leur densité sensuelle, aux moindres détails leur infinie précision, aux perspectives leur équilibre parfait.
Nouvelle étape de son parcours italien, Florence l’accueillit, en 1569-1570, confirmant, désormais, la reconnaissance dont il jouissait. Invité par Cosme de Médicis (1389-1464), Cornelis Cort réalisa un imposant arbre généalogique de la dynastie des Médicis, avant de consacrer plusieurs estampes aux chefs-d’œuvre sculptés que Michel-Ange (Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni/1475-1564) sculpta dans la « Sagrestia Nuova » de la basilique San Lorenzo.
De retour à Rome, Cornelis Cort poursuivit son activité, faisant de son atelier de la Via di Ripetta un lieu de rencontre privilégié pour les artistes, installés en Italie, originaires d’Allemagne & des anciens Pays-Bas.
La présente exposition nous démontre que Cornelis Cort ne fut jamais un simple copiste. De fait, il a pu adapter les œuvres du « Titien » & d’autres artistes, les repensant, les adaptant au langage spécifique de la gravure, chacune de ses estampes bénéficiant ainsi d’une authentique autonomie artistique.
Ouverture : jusqu’au dimanche 13 septembre, du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Prix d’entrée (incluant les collections permanentes) : 08€ (4€, dès 65 ans, pour les étudiants & pour les membres d’un groupe / 0€, pour les moins de 12 ans, les « Art. 27 », les détenteurs du « MuseumPassMusées », les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles & pour tous, le dimanche 06, ainsi que le samedi 12 septembre. Adresse : rue de Fer, 24 (à 5′, à pied, de la gare de Namur). Contacts : 081/77.67.54 & musee.arts.anciens@province.namur.be. Site web : https://www.museedesartsanciens.be/.
*** Conférence :
* le jeudi 10 septembre : « Exalter la musique par la gravure. L’allégorie de la musique de Cornelis Cort, d’après Frans Floris », par Anne Godard (réservations obligatoires). Prix d’accès : 5€.
*** Atelier de gravure sur mousse, pour enfants, de 4 à 7 ans :
* le mercredi 02 septembre, de 14h à 16h, atelier incluant la visite de l’exposition. Accès libre (réservations obligatoires).
*** Finissage :
* le samedi 12 septembre, de 10h à 18h, avec des visites théâtralisées, des ateliers de gravures, des grimages, un concert, … Accès libre.
*** Collections permanentes :
Profitant de notre visite de la présente exposition, l’occasion nous est offerte, sans supplément de prix d’entrée, de (re)découvrir les collections du « TreM.a », présentées au sein de l’ « Hôtel de Maître de Gaiffier d’Hestroy », édifié au XVIIIè siècle, abritant, depuis 1964, les collections permanentes de ce « Musée des Arts anciens du Namurois » , l’ensemble de ce musée provincial devant atteindre, après de futurs travaux, la superficie de 3.750 m².
Ce serait l’occasion de (re)voir les oeuvres du peintre bouvignois Henri Bles (1510-1550), ainsi que le « Trésor d’Oignies », ayant été présenté, en 2024, à Paris, au sein du « Musée de Cluny-Musée national du Moyen-Âge », pour l’exposition « Merveilleux Trésor d’Oignies : Eclats du XIIIe Siècle », ce « Trésor » étant reconnu, depuis 1978, comme l’une des « Sept Merveilles de Belgique », une grande partie des pièces d’orfèvrerie ayant été inscrites, en 2010, sur la liste des biens, classés comme « Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles ».
Yves Calbert.









