Houffalize : Vivre bien, mourir jeune

écrit par ReneDislaire
le 06/04/2018
Carte du nombre de deces (rapportes a la population standard). Pardon, meilleure image demain.

Houffalize : Vivre bien, mourir jeune
L’IWEPS, l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique vient de publier une étude statistique dont il ressort que les Wallons sont inégaux face à la mort. Et là, Houffalize est bien mal loti.
Pour 100 personnes qui meurent à Houffalize, il n’en meurt que 75 à Gouvy. Quand 25 hommes meurent du diabète dans l’arrondissement Neufchâteau, il y en a 50 dans l’arrondissement de Bastogne-Houffalize.

La publication récente de l’IWEPS est rabat-joie pour les Houffalois. Il faut être sourd pour n’y pas prêter une oreille attentive et aveugle pour ne la pas soumettre à un regard intense et critique.

Les intervalles à Houffalize et ses communes attenantes
Le nombre de décès pour 100.000 habitants rapportés à la population standard est noté dans un intervalle maximal à Houffalize : entre 1258 à 1589, équivalent à Charleroi et son grand périmètre.
Houffalize : entre 1258 et 1589.
Bastogne, Vielsalm et La Roche : entre 1166 et 1257.
Bertogne et Manhay : entre 1031 et 1115.
Gouvy : entre 943 et 1030.
On peut donc estimer que pour 100 personnes qui meurent à Houffalize, il n’y en a que 75 à Gouvy.

Quelques commentaires « évidents »
Classique : montrer Charleroi du doigt
Bien sûr que les statistiques, qui ont l’avantage de la rigueur des chiffres, doivent être interprétés en fonction d’éléments de différentiation sui generis.

Il ne faut pas être expert pour présumer qu’à Charleroi et sa région on peut expliquer bien des choses par le paupérisme et le chômage en conséquence d’une instruction insuffisante ou exogène (d’où logements insalubres, notamment inconfort en chauffage, oisiveté avec ses effets de fort taux de tabagisme et d’alcoolisme, alimentation de moindre qualité et à tout le moins insuffisamment variée, cadre de vie avec pollution non seulement olfactive mais visuelle - et pathologies (maladies) en suite de toutes ces réalités -) .

Toutefois, il est démontré qu’en Wallonie c’est dans la même région de Charleroi qu’il y a le plus de médecins pour 1.000 habitants ; de même pour les infrastructures hospitalières, qui sont au moins quantitativement au plus haut niveau de toute la Wallonie.

Houffalize
À Houffalize en revanche, dira-t-on, le cadre de vie est merveilleux, l’humeur est bonne et l’optimisme, peut-être grâce à un zeste de méthode Coué, est prétendu par d’aucuns au zénith ; les revenus réels, très souvent confortables, peuvent même être considérés comme supérieurs à ceux présentés par les statistiques, ce que les politiques à la langue de bois n’avoueront jamais sous peine d’un tollé général.

Ce serait un argument simpliste que de faire incomber l’inégalité statistique de Houffalize face à la mort à la présence de maisons de repos, et une insulte vis-à-vis des auteurs de l’étude qui n’y auraient pas pensé.

Arlon est d’ailleurs statistiquement le même paradis que Gouvy : ces deux communes ont une population en chiffres absolus qui permet, l’une davantage que l’autre concédons-le, de s’asseoir sur des pourcentages plus significatifs qu’à Daverdisse ou Martelange, là où la population est de 1.400 habitants et de 1.600 habitants.
Houffalize est même pire qu’Aubange-Athus, et égale aux communes frontalières de Bouillon, Florenville et Vresse-sur-Semois.

Niveau d’instruction et culturel
On considère qu’à Charleroi des facteurs tels que les conditions de vie, le niveau d’instruction et culturel sont le plus important. Plus important que le socio-économique.

Le taux de mortalité infantile est approximativement le même dans toute la Wallonie ; c’est avec l’âge croissant que les différences sont observables.
Les décès liés au diabète chez les hommes dans l’arrondissement de Bastogne ont été perçus au niveau le plus élevé de Wallonie avec la seule zone de Charleroi-Tournai.
Comme déjà dit, si l’on fixe son regard sur le diabète chez les hommes en comparant les arrondissements de Bastogne et de Neufchâteau, quand 25 personnes en meurent à Neufchâteau (Bertrix-Libramont-Bouillon), il y en a 50 dans l’arrondissement de Bastogne (Gouvy-Houffalize-Bastogne et les communes rurales au sud).

Si l’on a « osé » faire des recherches et donner des exemples de raisons des inégalités face à la mort à Charleroi (la population de Charleroi est vaccinée depuis toujours contre le fait d’être considérée comme des barakîs), on vous dira par exemple que la règle des « cinq fruits et légumes par jour » est bien observée dans les couches aisées qui vont de pair avec certain niveau d’instruction, et l’est de moins en moins quand on s’en écarte.

Éléments de culture et de style de vie
Cela veut dire que les gens d’une certaine culture et vivant dans un contexte de style de vie dit familièrement bobo par exemple se distinguent par l’avoir d’un dossier médical complet, par un meilleur suivi en dépistages du cancer chez la femme, lequel est le plus dévastateur. Par des loisirs non sédentaires. Par une recherche de moments de sérénité. Dans une population bénéficiant de revenus égaux, ces personnes donnent la priorité à des soins tandis que les autres ne réserveront qu'un plus petit budget à leur santé, affectant un part plus importante de leur budget aux tentations de la consommation.
Bref, la vie accorderait une prime à ceux qui ont acquis une certaine capacité de saisir des choses inaccessibles à d’autres, et de s’être maintenus informés au fur et à mesure de leur marche vers l’échéance finale.
Tout le monde est exposé à bien des conseils sur la prévention, le dépistage, et les soins en matière de diabète et de cancer ; quant à savoir qui y fait attention et est capable de bien les comprendre, c’est différent.

Une conclusion ?
Nous n’allons pas nous allonger sur les réserves à émettre face à toute étude statistique.
Nous voulions ici la porter à la connaissance de ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler.
Nul doute que les autorités politiques, surtout dans une ville présentée comme défavorisée, y sont hautement sensibles.
Il ne faut pas perdre de vue que brandir le pavillon « chouette on est pauvre » n’est pas humiliant et peut avoir des retombées substantielles. Houffalize en a déjà vécu l’expérience avec bonheur.

René Dislaire © Houffalize, le 6 avril 2018.
Références à l'article de Christophe Leroy, dans "Le Vif" du 15 mars 2018.

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Présentation Une étude statistique récente conclut qu’à Houffalize, 100 personnes meurent pour 75 à Gouvy ; que 100 hommes meurent du diabète pour 50 à Neufchâteau. D’abord s’informer, non ?

  • Carte du nombre de deces (rapportes a la population standard). Pardon, meilleure image demain.
  • Deces en relation avec le diabete (avec l'alcool, c'est la carte du dessous).
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