"Cléopatre Superstar", aux "Guillemins", à Liège, jusqu'au 05 Juillet

écrit par YvesCalbert
le 08/06/2026

Plus de deux mille ans après sa mort, que reste-t-il de Cléopâtre VII (vers l’an 69 jusqu’à l’an 30 avant notre ère),  reine du Royaume ptolémaïque d’Egypte, de 51 jusqu’à 30 avant notre ère, qui fut la compagne de deux Consuls romains, Jules César (Caius Julius Caesar/de 100 jusqu’à 44 avant notre ère) & Marc Antoine (de 83 jusqu’à 30  avant notre ère) ?

Était-elle une femme de pouvoir ou simplement une séductrice ? « Europa Expo » et le « Musée royal de Mariemont » lèvent le voile sur cette figure mythique à travers une exposition inédite, produite par « Collections & Patrimoine », présentée, jusqu’au dimanche 05 juillet, au sein de l’espace muséal de la Gare ferroviaire « Liège-Guillemins », intitulée « Cléopâtre Superstar ». Sur plus de 2 000 mètres carrés, voici une occasion unique de pouvoir découvrir la vérité derrière la légende.

Comment cette reine a-t-elle réussi à marquer l’histoire à ce point ? Pourquoi inspire-t-elle encore autant d’artistes, d’auteurs, de cinéastes et d’autres créateurs à travers le monde ? Du monde pharaonique à Rome, jusqu’à l’image contemporaine de Cléopâtre, le parcours explore les multiples facettes de cette reine fascinante, à travers une  immersion totale, entre histoire, imagination et pop culture.

Notre première découverte est une imposante sculpture de Cléopâtre, soulignant l’aura sulfureuse, attachée à son image dans notre imaginaire collectif. La salle suivante est dédiée à sa mort. Pensée comme une galerie des beaux-arts, elle rassemble une multitude de tableaux représentant plusieurs versions de la scène fatale, les circonstances  de sa mort demeurant incertaines, offrant nombre de possibilités dans l’imaginaire des artistes.

La première partie de cette expo est, ainsi, consacrée à la vie et à la mort de Cléopâtre, ses alliances politiques, ses amants, son histoire & ses succès, nous permettant cette exposition nous présente, notamment, 65 objets archéologiques majeurs, provenant, essentiellement, du « Domaine & Musée royal de Mariemont », à Morlanwelz,  mais aussi du « Badisches Landesmuseum », à Karlsruhe ; la « KBR », à Bruxelles ; la « Fondation Gandur pour l’Art », à Genève, le « Musée des Beaux-Arts », à Marseille ; le « Rijksmuseum van Oudheden », à Leyde ; …

« Tétradrachme d’Antoine et Cléopâtre » (argent/36 av. J.-C) © « KBR » (Coll. de Hirsch)

Entre héritage pharaonique et ambitions géopolitiques, Cléopâtre apparaît non seulement comme une femme de pouvoir, au destin exceptionnel, mais aussi comme l’incarnation d’une Égypte en mutation, à la veille de son basculement dans l’Empire romain.

Au fil du parcours, nous partons à la rencontre du peuple d’Alexandrie, cœur vibrant et cosmopolite de l’Égypte des Ptolémée, un royaume à la croisée des mondes grec & égyptien, nous retrouvant, notamment, au sein de la  reconstitution partielle d’une villa romaine.

Quelque 120 objets & 80 reproductions des peintures, rassemblés pour la première fois dans une même exposition, nous offrent une perspective inégalée sur l’héritage artistique de Cléopâtre.

Soulignons qu‘une cinquantaine de copies exposées ont été créées spécialement pour « Europa Expo », notamment en vue de la programmation à l’étranger de « Cléopâtre Superstar », les pièces prêtées par le  « Domaine & Musée royal de Mariemont » devant regagner Morlanwelz, dès le 06 juillet.

Cette exposition prolonge les recherches de François de Callataÿ & Claire Mercier, publiées dans l’ouvrage « Cléopâtre Superstar-Icône Marketing à l’Ere numérique » (« Editions de l’Académie royale de Belgique »/2025/ 216 pages/24,5 x 28,5 cm/35€)

Placée sous la direction scientifique de la commissaire générale, co-autrice de ce dernier ouvrage, Claire Mercier, l’exposition « Cléopâtre Superstar » bénéficie du précieux appui d’un comité scientifique réunissant des spécialistes reconnus de l’Antiquité égyptienne, grecque et romaine :

Nicolas Amoroso : archéologue et historien de l’art romain, conservateur de la section des antiquités grecques et romaines, au « Domaine & Musée Royal de Mariemont« , collaborateur scientifique à l’ « UCLouvain ».

François de Callataÿ : archéologue et historien de l’art, lauréat, en 2007, du « Prix Francqui », président de  l’ « Académie royale de Belgique », chef de département à la « KBR » & professeur à l’ « ULB ».

Dimitri Laboury : directeur de recherche honoraire du « F.R.S. » (« Fonds de la Recherche Scientifique ») &  professeur d’histoire de l’art & d’archéologie de l’Égypte pharaonique à l’ « ULiège ».

Claire Mercier : historienne, spécialiste de la réception de l’Antiquité dans la culture de masse, chargée de cours à l’ « Université Pasteur », à Besançon, & à la « Burgundy School of Business », à Dijon.

*** Rappel historique :

Cléopâtre, héritière du pharaon Ptolémée XII (117-51 avant notre ère), partage d’abord le trône avec son frère,  Ptolémée XIII. (vers 62-47 avant notre ère). Mais, rapidement, une lutte pour le pouvoir éclate, opposant les deux héritiers pour déterminer qui gouvernerait l’Égypte.

Grâce à l’alliance qu’elle scelle avec Jules César, Cléopâtre parvient à reconquérir son trône après une guerre civile fratricide. Installée solidement au pouvoir, elle s’affirme comme une souveraine ambitieuse, soucieuse de préserver  l’indépendance de l’Égypte face à l’expansion romaine.

Après l’assassinat de César, en 44 av. J.-C., Cléopâtre choisit de se rapprocher de Marc Antoine (83-30 avant notre ère), avec lequel elle entretient une alliance politique et une grande passion. Leur armée étant vaincue par celle de l’empereur romain Auguste (Caius Octavius/63 avant notre ère-14 après), les deux amants assistent à l’effondrement de leurs espoirs.

Dernière souveraine de l’Égypte ptolémaïque, Cléopâtre voit son destin basculer, lorsque son royaume devient l’enjeu des ambitions de l’empereur romain. Âgée de 39 ans, elle décède, selon la légende, des suites d’une  morsure d’un serpent, ce qui est illustré par plusieurs peintures.

*** Cléopâtre, héroïne de la Pop Culture, au Cinéma, en B.D., en Poupées, … :

La renommée de Cléopâtre VII nous vient essentiellement du film « Cléopâtre » (Joseph L. Mankiewicz/USA/1963/ version restaurée : 251’/film lauréat, en 1964, de 4 Oscars), mis en valeur, au sein de l’exposition, par plusieurs agrandissements photographiques et extraits vidéos, nous prouvant à quel point, aux côtés de l’acteur britannique  Richard Burton (Richard Walter Jenkins Jr/1925-1984), incarnant Jules César, Elisabeth Taylor (1932-2011),  Cléopâtre VII, à l’écran, … le visage de cette actrice britannico-américaine, oscarisée pour 3 autres films, étant devenu, pour beaucoup, celui de l’authentique reine Cléopâtre VII, la société américaine « Mattel » ayant créé  quatre poupées « Barbie » l’effigie d’Elisabeth Taylor, … qui épousa, en 1964, son partenaire, Richard Burton, tout comme la vraie Cléopâtre VII fut l’épouse de Jules César … Divorcés, en 1974, ces deux acteurs mythiques se remarièrent, en 1975, Richard Burton ayant offert, pour leurs fiançailles, une bague « Cartier », rehaussée du  « Taylor-Burton Diamond », un diamant taille poire de 69,42 carats …, Elisabeth Taylor s’étant mariée à six autres reprises …

Dans cette salle centrale, consacrée au cinéma, des vidéos attestent de l’existence d’autres films consacrés à  Cléopâtre, dont deux inspirés de la bande dessinée française intitulée « Astérix et Cléopâtre » (« Dargaud »/ 1965), dessinée par Albert Uderzo (1927-2020) & scénarisées par René Goscinny (1926-1977), l’un étant un dessin animé éponyme (France-Belgique/1968/72′), réalisé par les deux auteurs & le studio d'animation bruxellois  "Belvision", et l’autre une fiction, intitulée « Mission Cléopâtre » (France-Allemagne/2002/107’/avec Claude Berri,  Christian Clavier, Gérard Darmon, Jamel Debbouze,  Emma de Caunes, Gérard Depardieu, Dieudonné, Claude  Rich & Pierre Tchernia, réalisé par le cinéaste français  Alain Chabat (°Oran/1958), interprétant, lui même, le rôle de  Jules César, le rôle de Cléopâtre étant tenu par Monica Belluci (°Città di Castello/1961), lauréate, à Bruxelles , en 2020, d’un « Magritte d’Honneur », attribué pour l’ensemble de sa carrière.

Cette salle dédiée au 7e art, bénéficie, également des décors propres à « Europa Expo », comme une reconstitution d’une loge de maquillage, cette société belge ayant organisé sa première exposition, « Tout Hergé », à Welkenraedt, en 1991, avant de nous proposer “J’avais 20 ans en 45”, à Bruxelles, en 1995, occupant, depuis 2010, l’espace muséal de la Gare des Guillemins, où nous avons pu découvrir, entre autres, « Toutankhamon. A la Découverte du Pharaon oublié », en 2019-2020.

*** Jeux Vidéo & Photos Souvenirs :

En fin d’exposition, nous pouvons nous adonner à des jeux vidéo, alors qu’étant sorti de la dernière salle, chacun.e peut se faire photographier, gratuitement, assis ou couché sur la reproduction d’un canapé de l’époque de Cléopâtre, pouvant se revêtir elle ou lui-même de bijoux ou coiffes factices, en souvenir de la découverte de  « Cléopâtre Superstar ».

N’hésitons donc pas à découvrir, dans l’espace muséal de la Gare des Guillemins, comment Cléopâtre est passée  de l’histoire à la légende. Reine stratège et cultivée, connue pour son art de défier le temps, son audace, sa liberté,  son pouvoir, elle fut réduite au rôle de séductrice par ses adversaires romains, son image ayant été  réinventée au fil des époques, jusqu’au numérique, Cléopâtre étant devenue une véritable icône mondiale, … une « Superstar ».

*** Infos pratiques :

Ouverture : jusqu’au dimanche 05 juillet, du mardi au jeudi, de 10h à 17h30, du vendredi au dimanche, fde 10h à 18h30. Prix d’entrée : 18€ (16€, dès 65 ans / 13€, pour les personnes à mobilité réduite / 11€, de 6 à 24 ans / 1€25, pour les « Art. 27 » / 0€, pour les moins de 6 ans / 50€, pour 2 adultes & 2 enfants / 7€, par enfant supplémentaire). Contacts : info@europaexpo.be & 04/224.49.38Site web : http://www.cleopatre-superstar.com.

Afin de compléter notre journée à Liège, notons trois autres importantes expositions :

*** « 10 ans de La Boverie : Les Coulisses d’une Collection »à « La Boverie », jusqu’au dimanche 23 août.

*** « Hugo Pratt – Géographies imaginaires », à l’espace « Le Cadran », jusqu’au dimanche 05 juillet.

*** « Japonisme et Art nouveau – Bicentenaire des Cristalleries du Val Saint-Lambert », au « Grand Curtius »  ,  jusqu’au dimanche 27 septembre.

Yves Calbert.

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