Puggy: "On ne ressent pas le besoin de prendre des vacances"

écrit par Amandine.Raths
le 21/08/2016
Puggy

Trois ans après la sortie de « To Win the World », le groupe belge Puggy revient avec un quatrième album, « Colours », sorti le 22 avril dernier.

C'est d'ailleurs à quelques heures de leur concert sur la scène Proximus des Francofolies de Spa que j'ai eu le plaisir de rencontrer Matthew, Ziggy et Romain.

Retour sur l'interview de trois véritables bêtes de scène...

Les Francofolies et Puggy, c’est quand même une belle histoire. Vous êtes venus en 2008 à vos débuts, vous êtes revenus en 2010, puis vous avez livré un concert qui a marqué tout le public en 2013. A quoi peut-on s’attendre cette année?

Matthew: Un groupe très stressé! Tout le monde nous dit que la dernière date ici était super, donc évidemment, on arrive et on doit faire un minimum de « aussi bien que la dernière fois », donc tu vas voir des musiciens très stressés sur scène ce soir, certainement…

Les gens qui sont venus vous voir au Cirque Royal ou à l’Ancienne Belgique il y a quelques mois vont-ils avoir droit au même show, ou avez-vous prévu un set un peu plus festival?

Ziggy: C’est vrai qu’on a un peu changé le set depuis le début de la saison festivalière, donc je ne me souviens plus comment il était au Cirque Royal et à l’Ancienne Belgique, mais il y a quand même deux ou trois surprises.

Vous venez de sortir votre quatrième album, « Colours ». Comment s’est passé l’écriture?

Matthew: On a composé l’entièreté de l’album ensemble, même si on n’était pas toujours tous les trois dans la même pièce. Sur ce disque, on a énormément travaillé par proxy, c’est-à-dire que dès qu’on avait des idées, on avait des serveurs en commun et on s’envoyait des trucs par email, donc on était constamment en contact. Après, on se retrouvait de temps en temps pour retravailler des choses ensemble, et au moment de la production, à la deuxième phase du disque, on était vraiment tout le temps ensemble entre Bruxelles et Londres. On a fait toute une partie de l’enregistrement à Londres, mais une grande partie de la production s’est faite à Bruxelles, au Théâtre américain. A la fin, je crois que même nous, on commence à ne plus savoir réellement qui a fait quoi. Ce sont plein d’idées de tout le monde qui se mélangent et font les compositions finales.

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour ce nouvel album?

Romain: Il y en a eu énormément, c’est vrai qu’on est assez éclectique dans nos choix musicaux de manière générale. On adore se passer des petits morceaux qu’on découvre par-ci, par-là. Maintenant, c’est vrai qu’on n’a plus une tendance comme on pouvait avoir quand on avait 16 ans, à écouter un groupe en particulier, donc ça évolue en permanence. Je dirais que l’électro a eu un impact assez important…

Matthew: C’est ça! Je pense qu’il y a eu vraiment un impact sur ce disque, c’est les outils dont on s’est servi. Je crois que c’est ça qui a donné aussi Le son à ce disque, c’est le fait d’avoir travailé à distance et d’avoir utilisé des logiciels qui sont beaucoup plus utilisés dans le monde électro et dans le hip hop, donc il y a un côté plus technologique dans la création du disque. Maitenant, c’est vrai qu’on ne fait pas du hip hop, on ne fait pas de l’edm non plus ,mais je crois que ça, ça a clairement coloré le disque, énormément, Du fait qu’on s’envoyait les choses enregistrées à différents endroits. En fait, c’est presque comme si on se faisait des samples à nous-mêmes, à nous, qu’on réutilisait ensuite sur des compositions.

Vous avez déjà eu l’occasion de jouer ce nouvel album. Comment le public l’a-t-il accueilli?

Romain: Au niveau des critiques, que ce soit des fans ou des médias, ça a déjà été hyper positif, même si c’est vrai que c’était un changement. Nous, on tenait quand même à ce que ce soit différent des autres disques, donc ça a été assez bien digéré, on va dire. En live, je crois qu’on s’éclate toujours autant, et c’est ça qui est important. Quand tu as un groupe qui s’éclate sur scène, qui transmet l’énergie au public, ça se passe généralement bien. Pour nous, c’est primordial d’arriver à toujours avoir ça sur scène, de pouvoir faire sortir notre enthousiasme.

Avez-vous un rituel avant de monter sur scène?

Matthew: Tout le monde nous demande ça… Il y a beaucoup de gens qui ont des rituels? (rires) Non, nous, généralement, on est un peu nerveux, mais on n’a pas spécialement de rituel. S’il est très tard, on boit un café, s’il est très tôt, on boit une bière. (rires)

Que faites-vous quand vous n’êtes pas sur scène? Parce qu’après Spa ce soir, vous avez des journées off jusqu’à Ronquières…

Matthew: Ce n’est jamais off… On a plein de projets, on travaille toujours sur autre chose. Si on n’est pas sur scène, c’est qu’on est en studio. Si on n’est pas en studio, c’est qu’on est en train de composer. Si on n’est pas en train de composer, on est en train d’arranger… Puis il y a aussi des rendez-vous parce qu’il y a aussi tout ce qui est business. Le monde du disque reste quand même un monde d’affaires… Ou bien on est en promo, donc il y a toujours quelque chose à faire.

Vous ne prenez jamais de vacances?

Matthew: De temps en temps, ça peut arriver, on ne sait jamais… Les accidents, ça arrive… (rires)

Romain: On ne ressent pas un besoin particulier de prendre des vacances, parce que si tu nous mets au bord de la plage ou dans un hôtel, on va généralement sortir notre laptop et commencer à faire de la musique. On ne peut pas s’empêcher de le faire parce qu’on adore faire ça. On vit de notre passion, et on est hyper chanceux de pouvoir le faire, donc partir en vacances et s’arrêter, ce n’est pas vraiment un besoin. Par contre, c’est vrai que ça fait du bien de se reposer, de ne pas avoir de concerts ni d’interviews, d’avoir un peu d’intimité… C’est toujours sympa.

© Amandine Raths
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