Bastian Baker, du hockey à la musique

écrit par Amandine.Raths
le 18/12/2013
Bastian Baker. Credit photo: Christophe Koestlin

Le dimanche 24 novembre 2013, Bastian Baker se produisait pour la première fois sur la scène du Wex de Marche-en-Famenne. Avant ce concert exceptionnel, dont la première partie était assurée par 77 Bombay Street (un groupe de indie-rock et folk-rock suisse), nous avons eu le plaisir de rencontrer cet amoureux de la Belgique dans sa loge, le temps d'une courte interview.

Depuis quand es-tu passionné par la musique?

Je suis passionné depuis que je suis tout petit. Quand j'avais cinq ans, j'étais debout sur le bar du resto de mon père à chanter "Losing My Religion" de R.E.M. avec Frank Perry, qui était un gratteur américain. J'ai toujours grandi entouré par la musique, avec cette envie de jouer, cette envie de créer, cette envie de composer, cette envie de me produire sur scène, cette envie de rencontrer d'autres musiciens, d'aller voir des concerts. Je pense que c'est un truc que j'ai toujours eu. Je suis né avec une gratte dans les mains.

Pensais-tu arriver à ce succès si rapidement?

Est-ce qu'on parle de succès? Moi, je pense qu'il faut parler de reconnaissance musicale dans certains pays, parce que je pense qu'au Rwanda ou au Congo, ils n'en ont pas grand-chose à faire de moi. Ce n'est pas un succès mondial, mais c'est vrai que ce qui est impressionnant, c'est qu'on est une toute petite structure et qu'on a effectivement réussi à développer notre musique, surtout en France, Suisse et Belgique. Puis, c'est vrai que c'est génial d'avoir du monde à nos concerts, parce que j'ai aussi joué devant personne quand j'étais plus jeune. Du coup, le plus agréable, c'est de se rendre compte qu'il y a des gens qui viennent à ton concert, qui viennent pour toi, qui connaissent tes chansons, qui partagent une passion pour la musique.

Pourquoi avoir réalisé l'entièreté de ton nouvel album ("Too Old To Die Young") en anglais?

Il y a plusieurs raisons. Déjà, je viens d'un pays qui s'appelle la Suisse, qui a quatre langues nationales et où la langue qui fait un peu le lien est l'anglais, donc on le parle tous très jeunes. Je pense aussi que toute la musique que j'écoutais était en anglais, depuis mon plus jeune âge, parce que ce que mes parents écoutaient, c'était Queen, R.E.M., … J'adore le français pour un livre, pour une poésie, mais je déteste un peu cette variété rock/folk adaptée en français, et vu que je suis un amoureux des mélodies, ce n'est pas dans cette direction-là que j'irais. En français, ce serait peut-être un truc plus parlé. D'ailleurs, ceux qui sont considérés comme les grands de la musique, ce sont plus des gens qui parlent sur musique que des gens qui chantent. Enfin, c'est aussi une question de goût.

Que penses-tu du public belge, l'ayant déjà rencontré quelques fois?

Je pense que le public belge sait lui-même qu'il est incroyable, et c'est ça qui est génial; c'est que le public belge cultive cette image. Moi, j'ai des gens qui viennent me dire après les concerts: "Alors, t'as vu le public belge?" C'est-à-dire qu'il y a une vraie fierté, ce qui est génial. Si j'établis à peu près un top 10 de mes concerts, je t'avouerai qu'en place un et deux, ce sont mes concerts en Belgique. Il n'y a pas à dire, c'est fantastique, et je fais tout pour jouer le plus souvent ici, parce que c'est fou, c'est assez génial, et je ne le dis pas dans chaque pays. Je pense que c'est spécifique à la Belgique, qui est un vrai pays de musique. Il y a énormément d'artistes belges que j'aime bien. Des Selah Sue, des Stromae, … Il y a vraiment plein de groupes belges que j'aime bien.

Comment en es-tu venu à faire partie de l'aventure "The Voice Belgique"?

J'ai joué l'année passée à la finale avec deux talents. Ca s'était super bien passé, je me suis marré avec toute la prod, c'était vraiment un bon moment. Puis, ils m'ont contacté, parce que la vibe est passée, on s'est tous bien entendus, et c'est vrai que j'ai aussi cette volonté d'être de plus en plus en Belgique, donc, en l'occurrence, avec "The Voice", j'y suis de plus en plus, et ça me fait très plaisir. Je ne me suis pas posé trop longtemps la question, parce que je crois que contrairement à toutes ces émissions de télé crochets qu'on a pu avoir dans le passé, je trouve que The Voice est vraiment différent; déjà sur un point, c'est que c'est très positif comme émission. C'est pour cela que je le fais en Belgique aussi, parce qu'il y a un vrai engouement, et c'est très positif. On n'est pas là pour regarder le top casseroles de l'émission, c'est-à-dire que tous les gens qui passent devant les coachs sont déjà des gens qui ont vécu un pré-casting, et ce sont des gens qui savent chanter. Du coup, on n'est pas là pour se moquer. D'ailleurs, on ne dit pas un jury, on ne dit pas des candidats, on dit des talents et des coachs, donc on est dans une notion différente, et c'est ça que je trouve intéressant.

As-tu d'autres loisirs que la musique?

J'ai plein d'autres loisirs que la musique. C'est vrai que je n'ai pas l'occasion d'en faire beaucoup, mais je suis un fan de sport. J'aime beaucoup jouer au tennis, j'ai joué au hockey sur glace pendant treize ans, donc c'est vrai que quand j'ai l'occasion, je rejoue un petit peu. Après, ce sont des choses très simples. Quand je rentre, je vais voir ma famille, je mange avec mes potes, on fait la fête… Bon resto, bonne bouffe, bon vin. Je n'ai pas besoin de beaucoup, ces choses-là me satisfont. Puis, se mettre un petit peu au calme, une petite soirée sur la terrasse. On a la chance d'avoir des paysages assez merveilleux en Suisse, et du coup, c'est une occupation de regarder la nature, chez nous. Ca, c'est merveilleux.

Quel est ton rapport avec tes fans?

Amical… Je pense que c'est une très belle relation qu'on a. Parfois, on peut me prêter l'image du chanteur pour jeunes filles, et je pense qu'on a effectivement beaucoup de jeunes filles, mais je pense aussi qu'il y a un vrai respect de la musique. Je m'en rends compte sur certaines choses où, par exemple, si je veux descendre dans le public, je peux complètement le faire sans remonter avec un t-shirt arraché, donc on n'a pas de notion d'hystérie, pas de notion d'idole. C'est ça que je trouve cool. On est plus dans un rapport "gens qui apprécient la musique-artiste", et c'est ça qui est vraiment chouette. Après, il n'y a rien à dire, je reçois énormément de cadeaux, je reçois énormément de lettres, beaucoup d'amour, beaucoup de gens qui ont envie de partager, peut-être des choses qu'ils ont vécues ou des choses qu'ils ont retrouvées dans mes chansons, et du coup, c'est super intéressant. Puis, je pense que je prends énormément de temps pour mes fans. C'est vrai que c'est plus dans mon habitude de prendre du temps après les concerts pour aller parler aux gens qui attendent dehors, plutôt que de m'en aller direct, même si évidemment, il y a des exceptions à la règle, parce que parfois, c'est une question d'atmosphère aussi, et des questions de planning, où tu dois partir directement. C'est ça qui est compliqué, c'est que quand tu commences à avoir la réputation d'être un mec qui est sympa et qui peut prendre du temps pour ses fans, quand il y a un impératif de timing et que tu dois partir, tu passes beaucoup plus vite pour un con que celui qui ne vient jamais dehors, qui sortira une fois et qui aura l'air, du coup, du mec sympa. Donc, il y a une espèce de gabe à gérer, mais on fait au mieux. Disons que j'essaie de leur donner le plus de temps possible.

As-tu des artistes qui t'inspirent?

Bryan Adams, Green Day, John Lennon, Queen, Muse, Coldplay, R.E.M., … Il y a mille artistes que j'aime bien. Je suis aussi un fan d'Eminem, puis j'adore la bande son de "Pirates des Caraïbes". Je pense que la musique regroupe tellement de genres différents et de trucs cools que c'est difficile de cibler un ou deux trucs. J'aime vraiment beaucoup de choses… Justin Nozuka, Amy Macdonald, Lana Del Rey, Selah Sue…

Quels sont tes projets?

Mes projets… Il y en a plein. Là, on est actuellement en tournée, donc on tourne tous les soirs. On joue à peu près chaque soir dans un autre endroit. Jusqu'au 21 décembre, on tourne, puis fin décembre, j'ai un autre gros projet de radio en Suisse, où j'ai regroupé une quinzaine d'amis artistes avec qui on va faire deux heures de live à la radio. On a ce gros projet à monter. Sinon, l'année prochaine, ma grosse priorité, ça va être "The Voice Belgique" sur toute la première partie de l'année. Ca va être très intéressant et super exaltant, parce que c'est un vrai condensé d'émotions cette émission. Après, on a plein d'autres plans; on va tourner de plus en plus en Allemagne, on va avoir nos premiers concerts au Japon; on joue trois soirs à Tokyo. Puis, en Malaisie, au Canada… On tourne, on avance. Je ne vais pas bosser tout de suite sur un nouvel album, puisque le deuxième vient de sortir, mais on verra. Je compose toujours énormément, donc on ne sait jamais. J'écris aussi beaucoup pour les autres, de plus en plus, et ça me prend aussi pas mal de temps. Aujourd'hui, je vais écrire pour de la pop coréenne. C'est une première, on verra ce que ça donne.

© Amandine Raths
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